Homélie du Père Augustin – dimanche de Pentecôte

DIMANCHE DE Pentecôte

Première lecture : Actes des Apôtres : 2 :1-11
Deuxième Lecture : 1 Corinthiens 12, 3b-7. 12-13     
Evangile : Jean 20, 19-23
Cliquer ici pour écouter l’audio

Chers filles et fils de Dieu,

 ‘’La Paix soit avec vous’’

Nous célébrons aujourd’hui la Fête de la Pentecôte. C’est la fête de la descente du Saint-Esprit promis par Jésus à ses Apôtres, 50 jours après Pâques.

La Pentecôte est considérée comme le jour de la naissance de l’Église. Cette belle image nous renvoie aux Apôtres, à Marie et à la petite communauté qui se forme timidement. Dès ce jour de Pentecôte, commence une Église avec quelques caractéristiques qui lui sont propres :

WhatsApp Image 2020-05-31 at 09.36.06 (1)L’Église est Charismatique : Les Apôtres ont reçu l’Esprit mais aussi les 7 dons pour porter du fruit. Cette Église se veut le tabernacle, la demeure de Dieu pour témoigner de l’Évangile et de l’Amour infini sous l’inspiration de l’Esprit-Saint. Marie est là par son effacement et son silence. C’est elle qui fut ‘’couverte de l’ombre de l’Esprit-Saint’’ et qui enfanta Jésus. Marie est présente pour être parmi ceux qui donnent naissance à la nouvelle Communauté de chrétiens. Elle est là pour prier et y avoir sa place.

L’Église est Apostolique : C’est à Pierre et aux autres Apôtres qu’il revient la tâche d’être la tête de l’Église naissance. Mathias a remplacé Judas Iscariote. Le nombre est désormais parfait pour commencer une Église Charismatique.

A la place de Pierre et des autres Apôtres, il faut voir l’humanité et non seulement l’autorité de l’Église. Chacun de nous appartient à cette Église au même titre que l’autorité. Car sans les membres du corps la tête devient inutile.

siDans la première lecture du jour, le Saint-Esprit s’est posé sur chacun d’eux en forme de langues de feu. Il y a eu un déclic, un changement capital : ‘’tous furent remplis de ‘d’Esprit-Saint, ils se mirent à parler d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit’’. La descente de l’Esprit-Saint nous fait quitter notre monde ancien, nous conduit au changement et à la transformation. La présence de l’Esprit-Saint peut souvent nous conduire à parler plusieurs langues. L’essentiel, c’est de se laisser mouvoir par sa force et ses dons. L’Eglise que nous confie Jésus est loin d’être une simple association de personnes autour d’un idéal. C’est une famille autant humaine que spirituelle. Elle est un Sacrement, le signe visible de l’Amour de Dieu manifesté sur la terre. C’est une communauté de frères et sœurs qui sont liés par le sang du Christ ressuscité. Notre Église est le Corps du Christ.

La présence de l’Esprit-Saint dans nos vies nous fortifie et ravive notre Foi et notre Espérance. Elle suscite en nous l’amour parfait qui finalement bannit la peur, les excuses et les soupçons. L’Esprit-Saint nous invite à lui faire confiance. On ne croit qu’en ceux qui nous aiment inconditionnellement. Si Jésus est mort pour nous, c’est pour nous signifier cet amour sans limite. S’il nous envoie l’Esprit-Saint, c’est pour nous faire confiance. Qu’en faisons-nous ? Quel est notre langage d’Amour ?

En ouvrant nos cœurs au souffle de l’Esprit, demandons-lui la grâce de prendre vraiment notre place qui comme Marie, qui comme Pierre ou tout autre Apôtre. Car notre monde d’aujourd’hui a plus que jamais besoin d’une Église Charismatique où chacun à une place et parle un langage d’Amour. Nous avons besoin d’être des charismatiques pacifiquement violents. Le Royaume de Dieu souffle violence et seuls les violents y entrent. Un peu de violence sur soi permettrait au Saint-Esprit de nous guider et de nous aider à parler le langage des 7 dons en famille et dans notre entourage immédiat. Si nous cédons à l’influence du Saint-Esprit, nous pourrions éviter d’être victimes de la machination de notre société dans laquelle on voit plus de mal que de bien. L’Esprit n’est jamais absent c’est nous qui sommes souvent loin. Vivons pleinement notre vie. Car l’amour parfait chasse la peur et le doute. Donnons-lui une place chaque matin pour discerner notre journée. Ne crayons donc pas. Faisons confiance au Saint-Esprit, Consolateur et Père des Pauvres. Que la Paix du Christ ressuscité soit avec vous ! Amen !

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Enfin la reprise des messes! – 7 juin

Chers paroissiens,

Le gouvernement néerlandais autorise la reprise des messes à partir du 1er juin sous certaines conditions.

Nous pourrons donc nous retrouver, avec un maximum de 30 personnes, à la chapelle du Béguinage à partir du dimanche 7 juin.

Nous sommes en train de travailler sur les protocoles de reprise et nous vous donnerons de plus amples informations rapidement.

Aujourd’hui, l’épidémie Covid rend impossible la célébration des messes et la Paroisse continue à devoir couvrir certaines dépenses.

Afin de palier à la baisse des ressources issues de la quête, nous vous proposons de faire une offrande par internet sur le compte de la Paroisse.

IBAN: NL87 ABNA 0543 40 68 65

Au Nom de Allochtonen Missie Maria Moeder van alle Volkeren

Nous remercions tous ceux qui ont déjà fait un don et merci à tous de continuer à soutenir et aider la Paroisse.

 

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Homélie du Père Augustin du 7ème dimanche de Pâques

                     SEPTIEME DIMANCHE DE PAQUES

Première lecture « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière » (Ac 1, 12-14)
 Psaume(Ps 26 (27), 1, 4, 7-8)
 Deuxième lecture « Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous » (1 P 4, 13-16)
 Évangile « Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1b-11a)

 

 Nous souhaitons méditer sur la fête de l’Ascension comme un signe de confiance que Jésus fait aux Apôtres et à toute l’Eglise. La fête de l’Ascension, c’est le jour où Jésus ressuscité, disparaît publiquement au regard de ses Apôtres, quarante jours après Pâques.

Dans l’étonnement total, les Apôtres ont leur regard levé vers le ciel. Ils se posent intérieurement la question s’ils peuvent tenir sans leur Maître dans un monde qui leur est si hostile ? Mais l’Ange les aide à remettre la balle à terre : “Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?” En d’autres termes, ne rêvez pas et ne vivez pas dans l’irréel ou l’imaginaire car la mission vous est désormais confiée. Vous en êtes bien capables. Ne perdez donc pas votre temps. Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui viendra sur vous et vous guidera.  Comme les Apôtres, nous avons souvent peur et doutons de nous-mêmes. Avec l’Ascension Jésus nous fait comprendre que les choses vont changer. Pour nous chrétiens, même si nous sommes « citoyens du ciel » nous devons d’abord avoir les pieds sur terre. Jésus sait que nous sommes faibles, que nous allons le renier plusieurs fois et le trahir indéfiniment. Même l’autorité de son Eglise se mettra dans de sales draps plusieurs fois. Alors, il prépare bien son départ et sa succession. Il nous rassure qu’il ne nous laissera pas orphelins. Il sera toujours avec nous jusqu’à la fin du monde. Seulement que son mode de présence est désormais autre. Cela nous fait comprendre la mission confiée par le Christ : “Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples…” Le départ de Jésus n’est pas une simple absence ni une distanciation sociale mais plutôt une autre manière de nous rendre responsables. Car Jésus n’est plus visible mais son Esprit-Saint agit. L’histoire ci-dessous nous montre la confiance que Jésus fait en son Eglise : Il paraît que lorsque Jésus est retourné au ciel le jour de l’Ascension, l’Ange Gabriel l’a accueilli chaleureusement à la porte et lui aurait demandé : ‘’Jésus, tu es déjà de retour’’ ? Jésus lui répond : ‘’oui, j’aurais bien voulu rester plus longtemps mais ils m’ont tabassé, humilié, renié, trahi et crucifié’’. Et Gabriel de continuer : ‘’Pauvre toi ; cela veut dire que ta mission a été un échec’’ ? Jésus sourit à demi et dit : ‘’ Non, j’ai tenu bon jusqu’au bout de ma mission. Je leur ai laissé le flambeau de continuer l’Eglise sur la terre. J’ai préparé le terrain pour eux. Ils en sont capables’’.  Quelle belle image que d’entendre Jésus faire encore confiance à l’humanité ! Ce signe de confiance doit susciter en nous le courage de témoigner de notre baptême. Un témoignage qui s’adresse aux plus proches en famille, aux plus réceptifs et aux plus accueillants mais aussi aux indifférents et aux gens des périphéries.  A notre tour, faisons confiance au Saint-Esprit et engageons-nous pour la mission qui se veut solidaire des plus abandonnés. Retroussons donc nos manches et plions nos pantalons ! A nos marques, partons !

7emdimanche-1L’Évangile du jour nous présente Jésus en prière. Il dit : ‘’Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie’’. Cette prière de Jésus révèle la beauté et l’intensité de la communion d’amour infini avec son Père. Jésus nous y associe et nous y invite. Du coup, il donne la joie de prier. La prière tient une place centrale dans nos vies surtout quand il faut prendre des décisions sérieuses qui engagent nos choix de vie tels que la vocation sacerdotale ou religieuse, la vie monastique, un apostolat, le mariage ou une profession. En réalité la prière nous aide à discerner avec lucidité. C’est d’ailleurs le secret de la mission. Si nous aimons prier, nous mériterons la confiance que nous fait Jésus malgré nos faiblesses. Aimons donc prier !

Prions : ‘’Dieu Père, infiniment bon et infiniment aimable, avec Marie et avec toute l’Église, nous levons nos regards vers toi et nous t’offrons notre humanité blessée par le péché. Ouvre nos cœurs à accueillir le Saint-Esprit et à renouveler ses dons en nous. Donne-nous la grâce de t’aimer comme tu nous aimes’’. Amen !

ASCENSION DE JESUS : APPELES A SE LEVER ET A S’ELEVER

L’etre humain aime beaucoup la routine, on se familiarise très vite, on s’habitue très downloadenvite aux réalités…Nous avons en nous ce système de protection qui fait que nous tenons durs dans les épreuves…Nous sommes nées libres, nous apprend-on. Récemment c’est le confinement. Au début c’était difficile mais les spécialistes nous y ont forcés. Finalement on commençait déjà par s’habituer quand on parle encore de Déconfinement. Ce temps qui court doit être une occasion de revendication de droit personnel à la vraie liberté. Fouillons, puisons…On a très vite de nous habituer aux réalités qui nous sont imposées…Nous pouvons vivre dans le désert quand il y a nécessité, dans le froid si le climat l’impose…

NE NOUS HABITUONS PAS AU RENFERMENT SUR SOI, AU CONFINEMENT SPIRITUEL. La rivière qui ne coule pas se décompose et devient le nid de bactéries. Nous sommes trop habitués au péchée, au statu quo spirituel. Ne nous habituons pas au confinement spirituel.

Nous sommes capables de nous lever et de nous élever. Il faut décider et croire en la grâce…Un voyage arrive dans un village et aperçoit un éléphant attaché à un arbre. Il s’y intéresse vraiment. Et se demande comment cela était possible. Mais on lui explique que l’éléphant a été lié au même endroit depuis son enfance avec une petite chaine.  Lorsque sa maman était à 100 m de distance. Quand il avait besoin de téter sa mère il se battait pour rejoindre sa mère mais n’y arriva jamais. Il se battait chaque fois. Il ne pouvait pas casser la petite chaine au pied. Finalement il s’est convaincu qu’il était incapable de bouger et de casser la petite chaine. Finalement, la chaine devint inébranlable et indestructible pour l’éléphant dans son esprit. Il avait accepté sa condition, sa défaite. Il avait finalement démissionné. Il s’est dit : je suis incapable de casser cette chaine. Plus grand, il avait beaucoup plus de muscles, de forces. Mais son esprit est resté le même : petit et appauvri. Il a gardé la même mentalité, les mêmes convictions se disant : ‘’je suis incapable de briser cette chaine. Malgré son poids, sa masse de plus de 10000kg, il ne parvint pas à se déplacer. Son esprit le rendu petit. Prisonnier de son propre esprit de sa propre histoire.

Beaucoup d’entre nous sont comme cet éléphant. Incapable de grandir mais de toujours rester au même endroit, à pleurnicher, à condamner les autres et les soupçonner. Le problème, c’est nous pas les autres.

D’où l’importance de l’Ascension. Levons-nous ! Elevons-nous ! Quittons nos torpeurs et nos masses. Il plus de raisons de grandir que de rester toujours pécheurs…Jésus nous convie aujourd’hui à quitter cette petite chaine en nous, à la briser…afin de rejoindre notre mère pour téter…Nous sommes victimes de nos propres croyances, nous nous sommes convaincus qu’il est impossible de faire autrement. C’est faux. Il y a une autre alternative…Celle de quitter le bourbier du présent du doute de soi.

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6e dimanche de Pâques Homélie du Père Augustin en ce dimanche 17 mai 2020

HOMELIE DU SIXIEME DIMANCHE DE PAQUES

Première Lecture- Actes des apôtres 8, 5-8.14-17

Psaume- 65 (66)

Deuxième Lecture- 1 Pierre 3,15-18

Evangile- Saint Jean 14, 15-21

Chers frères et sœurs,

Nous sommes appelés aujourd’hui à témoigner de la présence de l’Esprit-Saint en nous. Quand nous lisons le livre des Actes des Apôtres, nous y découvrons comment la Bonne Nouvelle de l’Évangile s’est vite répandue après la résurrection du Christ. Pierre qui avait renié Jésus, son Maître proclame désormais sa mort et sa résurrection avec une audace surprenante. Il y a eu déjà la mort du diacre Étienne, le premier martyre. Mais cela n’empêche l’Evangile de se répandre. Dans la première lecture de ce jour, c’est Philippe, l’un des sept (7) nouveaux diacres qui va au-delà de son ministère de diacre pour aller en mission en Samarie. Et pourtant la Samarie était une région méprisée par les juifs pieux. L’engagement missionnaire de Philippe fait beaucoup de convertis sous l’action du Saint-Esprit ! La ferveur et l’ardeur de Philippe sont contagieuses. Mais tout cela ne se fait pas sans persécution. Comme Philippe, nous sommes envoyés pour accomplir des gestes qui guérissent, qui redonnent vie, dignité et espérance autour de nous. Dans notre monde d’aujourd’hui appauvri par la méchanceté et la haine nous sommes appelés à témoigner d’une foi qui agit et qui guérit depuis les profondeurs. Et si nous ouvrons les yeux, nous verrons qu’il y a tant à faire chez nous en famille, dans l’entourage immédiat !!! La mission commence là, ici et maintenant !

Comme dans la seconde lecture, nous pourrions nous heurtent à la calomnie, à la persécution et au découragement. Pierre nous invite à rester fidèles en faisant face aux attaques et aux contradictions avec douceur et bienveillance. Tout cela pour ‘’honorer dans nos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ’’. Car en vérité, le méchant est un malade qui s’ignore ou qui refuse de se laisser guérir par la grâce.

D’où le besoin permanent de nous disposer à recevoir le Saint-Esprit. Nous ne sommes pas souvent différents des Apôtres qui, à l’annonce de la séparation avec Jésus sont bouleversés. En effet, il leur faudra, la Puissance du Saint-Esprit sur le chemin de leur mission, pour affronter avec courage les difficultés qui les attendent. C’est pourquoi Jésus leur dit : ‘’Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité’’.  Un testament d’amour et de confiance laissé à des êtres chers !
Jésus prépare ainsi ses apôtres à continuer son œuvre sur terre sans sa présence physique. Jésus ne les laissera pas orphelins. Ils recevront l’Esprit de Vérité qui les éclairera et les soutiendra.

A certains moments de notre vie, des difficultés nous font parfois perdre de vue l’Esprit-Saint ! Nous tournons en rond sans pouvoir aller à l’essentiel. Et pourtant, se cache en chacun de nous ce cette Force Inspiratrice, ce Paraclet, ce Défenseur, ce Guide et ce Consolateur que nous cherchons si loin hors de nous. Il est déjà présent en nous. Allons chez nous et nous le trouverons pour nous guider. Devant les contradictions de la vie, c’est lui qui nous dit tout gentiment : ‘’vas-y ! ne crains pas ! Tu peux ! Avance !’’

Chers frères et sœurs, alors que nous sommes à quelques jours de la Pentecôte, préparons-nous avec Marie, la Mère de Jésus à recevoir le Saint-Esprit. Allons à l’école de foi de Marie pour accueillir l’Esprit Saint afin de répondre à l’amour du Christ qui s’est donné pour le salut du monde. Prions le Paraclet pour qu’il nous transforme de l’intérieur. Ainsi pourrions-nous aimer comme lui et en lui et rayonner de cet amour autour de nous. Amen !

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Homélie du Père Augustin du 5ème dimanche de Pâques

HOMÉLIE DU 5ÈME DIMANCHE DE PÂQUES

PREMIÈRE LECTURE:

« Ils choisirent sept hommes remplis d’Esprit Saint » (Ac 6, 1-7)

PSAUME

(Ps 32 (33), 1-2, 4-5, 18-19) R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,
comme notre espoir est en toi ! ou : Alléluia !
 (Ps 32, 22)

DEUXIÈME LECTURE

« Vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal » (1 P 2, 4-9)

ÉVANGILE

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.
Personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Chers frères et sœurs,

Nous sommes déjà au cinquième dimanche de Pâques. Le passage de l’Evangile est un extrait du discours de Jésus au soir du Jeudi Saint. Le contexte est douloureux. Car le Christ vient d’annoncer sa mort et sa résurrection à ses disciples. Ils ont les cœurs attristés. Durant trois ans, ils ont vécu une belle aventure avec lui. Et maintenant, ils se rendent compte que tout va s’arrêter. Il leur ouvre un chemin et il les invite à le suivre. Il veut leur redonner confiance et leur rappeler l’essentiel de leur mission : ‘’vous croyez en Dieu croyez aussi en moi…je suis le ‘’Chemin, la Vérité et la Vie’’. Jésus comme ‘’Chemin, Vérité et Vie’’ constitue un grand thème de méditation. En effet, l’utilité d’un chemin c’est de conduire d’un point de départ à un point d’arrivée. La distance et l’état du chemin permettent de se préparer en conséquence. Faire chemin nous expose à des surprises tant agréables que désagréables. Cela demande de la confiance en soi, de la confiance en l’autre et du goût de l’aventure. S’il n’y a que perfection et réussite sur le chemin, alors ce n’est pas un chemin ni un voyage ; c’est une balade ou une promenade. Mais puisque l’intérêt du chemin est de l’autre côté, l’on fait confiance au processus, on apprécie chaque instant du chemin. Durant le chemin se découvre la Vérité et de l’autre côté nous attend la Vie. C’est ce qui nous donne la force et l’endurance de continuer le chemin. Jésus, comme ‘’Chemin, Vérité et Vie’’ nous invite à une confiance absolue.

 

La question de Thomas nous concerne aussi : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin ? Thomas veut que Jésus lui donne une réponse précise, objective et bien calquée. Il est en quête de directives et de consignes pour ne pas se perdre en chemin. À travers lui, c’est l’incarnation même de chacun de nous, toujours préoccupé par l’exactitude. Nous avons souvent peur de l’inconnu et de l’échec. Mais en vérité, la foi suppose l’audace d’accepter ne pas tout savoir. Ici, prendre le chemin, appelle à un esprit d’invention et de créativité, assez d’audace et du plaisir pour l’aventure. Jésus ne veut pas nous traiter comme des élèves du CP pour qui il faut tout faire. Il se considère comme le chemin avec des perspectives nouvelles. A chacun de nous de prendre le chemin en direction de la Vie. Quand on a tous les renseignements de la destination, on ne fait plus attention en chemin. En clair, sur le chemin, il y a des risques et des surprises auxquels il faut se préparer tout en faisant confiance au processus. Ainsi donc, il n’appartient pas par exemple à l’Eglise de nous dicter tout ce qu’il faut faire de notre vie, de nos biens, de notre liberté ici et maintenant. Ce serait une autre forme de confinement mental et moral. Dieu ne peut s’enfermer dans des casiers de consignes ou de décrets. La vraie vie est comme un chemin durant lequel on apprend de Jésus, on lui fait confiance et on le partage avec les autres. La foi ne se réduit pas à un simple sentiment religieux dans son ‘’petit coin’’. Elle se vérifie dans les œuvres et les actes.  La foi en Jésus (qui est le ‘’Chemin, la Vérité et la Vie’’) prend racine depuis notre baptême et est appelée à porter du fruit !

Notre foi consiste ainsi à connaître Jésus, à faire grandir en nous le désir de l’aimer et de nous inspirer de sa Vie durant notre chemin. Cela exige de la confrontation avec les autres et avec soi-même. C’est en ce sens que la première lecture trouve écho dans l’Evangile. La participation active des laïcs est bien appréciée et 7 diacres sont retenus pour s’occuper des veuves et des orphelins. Le chiffre 7 symbolise la perfection : donc tout le monde est diacre pour le service des plus faibles. L’autorité hiérarchique de l’Eglise doit donc ouvrir le chemin du service. Car tout pouvoir ou service concentré finit par nous faire perdre l’essentiel du chemin. Concrètement, le service est l’un de ces chemins qui nous ouvre à la Vérité de l’Evangile et à la Vie d’amour en Jésus. En fait, Jésus invite ses disciples et les baptisés d’aujourd’hui à le prendre en exemple comme Chemin de vie. Il a posé des actes courageux de libération et d’amour. Sommes-nous prêts à en faire autant ? Comment, où, quand, à qui et avec qui ? Notre vrai handicap c’est la peur de commencer le chemin. Une fois entamé, s’arrêter en cours de chemin devient difficile. Essayons le premier pas en famille, en couple, en communauté ecclésiale et même dans la rue. Osons commencer en donnant plus d’attention aux étrangers, aux immigrés, aux veuves, aux orphelins, aux divorcé/es, aux rejetés, aux plus affectés de cette vilaine pandémie. Osons commencer le premier pas du chemin !

Prions pour le repos de l’âme du Père Jean-Pierre Akuesson !

 

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Homélie du Père Augustin du 4ème dimanche de Pâques

QUATRIEME DIMANCHE DE PAQUES

Première Lecture : Actes des Apôtres : 2, 14a.36-41

Psaume : 22

Deuxième Lecture : 1 Pierre 2, 20b-25

Evangile : Jean 10, 1-10

Chers frères et sœurs,

En ce 4ème dimanche de Pâques nous célébrons Jésus comme notre Bon Berger (Pasteur) et nous méditons sur les vocations. Ce qui caractérise ces deux points et qui fait le lien entre eux, c’est le verbe ‘’appeler’’ qui traverse toutes les lectures du jour. La résurrection du Christ est un appel à la vie, le Bon Berger appelle ses brebis à la vie, la vocation est un appel de Dieu à la vie avec lui et au service du prochain.

C’est bien intéressant et curieux de noter qu’après le discours de Pierre, une question surgit de l’audience : ‘’ Frères, que devons-nous faire’’? Cette question nous renvoie à l’essentiel de notre vocation. Et la réponse de Pierre les invite à la conversion, une conversion qui fait découvrir les promesses de Dieu auxquelles nous sommes appelés. Pierre propose un baptême à tous ceux que Dieu appellera. Tout le monde en est digne. Il nous parle tout simplement de conversion, c’est-à-dire de se tourner vers Dieu. Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. L’appel de Dieu à le suivre est une vocation qui n’est pas réservée seulement aux prêtres ni aux religieux ou religieuses mais bien à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté. La vocation est toujours une réponse confiante à un appel qui nous dépasse et que nous ne comprenons pas toujours. A un appel, il faut toujours une attitude et une réponse. Et chacun peut y répondre selon ses dispositions. Car par le baptême nous sommes tous prêtres, prophètes et rois. Veillons donc à ne pas ajouter à la crise des vocations celle du manque de l’engagement missionnaire des laïcs. Alors que beaucoup de nous préfèrent l’anonymat dans nos paroisses, Jésus nous dit qu’Il connaît chacun et chacune par son nom (et certainement aussi par le visage et la disposition du cœur). On perd donc son temps en voulant se dérober.

Aujourd’hui, il nous est demandé une triple réponse :la foi, la réponse à l’appel (ou à notre vocation) et l’action qui s’en suit.

Dans l’Evangile, Jésus s’attribue toutes les qualités de Bon Berger. Il est bon, miséricordieux, plein d’attention, de bienveillance et d’empathie. Il est devant le troupeau pour prévenir toute agression des bêtes voraces. Il est la porte par laquelle il faut entrer et sortir. C’est lui le gardien, le Berger qui accompagne, qui protège et qui guide. Il veille sur ses brebis et Il veut rendre compte. Il donne en fait sa vie pour chaque brebis.

En clair, si nous avons foi en Jésus, comme la brebis croit en son berger, nous ne manquerons de rien et il nous conduira vers les verts pâturages, vers plus de paix intérieure, vers ce qui nous rapproche de lui, vers la vie et non vers la mort. Comme des brebis, nous avons donc à écouter la voix du Bon Berger, à lui faire confiance et mettre notre foi en lui. C’est alors que nous aurons la vie en abondance. Mais l’humanité en est encore très loin.

Jésus nous dit aujourd’hui :’’ Mes brebis me connaissent, comme moi je les connais, personnellement’’. Y a-t-il vraiment cette connaissance réciproque et mutuelle entre nous et Jésus ? Il s’oppose aux voleurs et aux opportunistes. Il n’est pas un étranger qui s’introduit par ruse dans le bercail. Il est toujours avec nous. Restons avec Lui.

Le Christ nous appelle dans notre souffrance, au cœur de nos pauvretés, dans la mort qu’il partage avec nous. Beaucoup d’entre nous traversent des situations bien difficiles au niveau émotionnel, affectif, relationnel ou spirituel. Il n’est pas souvent facile de tout partager avec nos semblables les humains de peur d’être moqué ou trahi. Quant à Jésus, notre Berger qui nous connaît, Il est disposé à nous écouter, à nous parler, à vivre l’expérience avec nous et même à pleurer avec nous. Il est disponible à nous aider dans notre discernement vers la guérison complète de nos blessures. Jésus Christ est un Berger qui n’étouffe pas nos consciences humaines. Si nous ne faisons pas confiance à Jésus, à qui ferions-nous confiance ? A qui irions-nous encore ? C’est à nous, une fois que l’opportunité nous est donnée, d’inventer notre démarche et de parler à notre Bon Berger. Car Il est venu « pour que nous ayons la vie, et la vie en abondance ». Que Jésus, le Bon Berger nous guérisse de nos blessures ! Amen !

 

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Rubrique santé Olivia Jalby – Le confinement nuit-il à notre santé ?

Le confinement nuit-il à notre santé ? Dans quel état psychologique et physique l’épidémie nous plonge-t-elle ?

Suite à la propagation du virus Covid-19 qui frappe la planète depuis plusieurs mois, la moitié de l’humanité a été brutalement contrainte à vivre confinée. Bien que les résultats du confinement sur la propagation du Covid-19 se montrent positifs, la question se pose quant aux effets du confinement sur notre santé physique et mentale.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) met en garde contre les effets négatifs sur la santé des personnes confinées. Des études internationales sont en cours pour déterminer l’impact de ce confinement sur la santé. Bien qu’il soit encore trop tôt pour en tirer des conclusions, les études précédentes, réalisées lors de l’épidémie de SARS ou Ébola, ont montré des dommages psychologiques tels que des troubles du sommeil, une fatigue émotionnelle ou encore un stress post-traumatique, en particulier chez le personnel soignant. Certaines études suggèrent même des effets durables du confinement des mois après l’arrêt de la mesure.

Nous ne sommes pas tous égaux face au confinement : conditions de logement, perte de revenus, isolement social, maltraitance au sein du foyer, promiscuité, santé fragile, etc. Pour certains, cette situation inédite peut se révéler difficile à traverser. Pour d’autres, les contraintes sont mieux vécues.

Après plusieurs semaines de confinement, le manque de liberté et de contact social finit pas se faire sentir, en particulier chez les personnes déjà vulnérables : solitude, ennui, rumination, irritabilité, incertitude par rapport à l’avenir, angoisse par rapport à la santé des proches, etc. Cela entraine un risque d’aggravation des troubles de l’anxiété mais également une augmentation de la dépendance à l’alcool et aux produits stupéfiants, ainsi qu’une augmentation des risques de violences.

Comment pouvons-nous nous préparer à mieux affronter les contraintes que ce confinement impose à notre mode de vie ?

Notre hygiène de vie est la meilleure des préventions pour conserver notre bien-être physique et psychologique :

  • Gardons une routine en structurant les journées : horaires de lever et coucher, temps de travail, activité physique, activités régulières, sans oublier un temps pour se distraire, se relaxer ou méditer.
  • Avec le confinement notre activité physique est en chute libre. La sédentarité renforce les risques de mortalité et de maladies chroniques. Il est donc important de ne pas négliger l’activité physique. Cela ne veut pas dire que nous devons nous mettre à faire du sport intensif mais plutôt pensons à bouger, marcher ou même danser au moins toutes les 30min.
  • Réduisons au maximum le temps passé devant les écrans, en particulier limitons les informations qui relayent des messages anxiogènes. Les écrans ont un impact négatif sur l’anxiété et le sommeil. Concentrons-nous plutôt sur des histoires positives (solidarité, action d’entraide dans la communauté, nouvelle de proches, guérison d’un voisin, etc.) et des actions positives (déposer le repas à une personne âgée, cuisiner, lire, dessiner, etc.).
  • Avec le stress, la tentation de se réfugier dans la nourriture est grande, ce qui engendre des choix alimentaires moins équilibrés (prise d’alcool, alimentation sucrée et grasse). La prise de poids peut être rapide. C’est peut-être l’occasion d’essayer de nouvelles recettes en privilégiant les produits bruts, les légumes, les légumineuses et les fruits. N’oublions pas de nous hydrater en buvant de l’eau !
  • Ne restons pas « confinés » dans le confinement ! N’hésitons pas à demander de l’aide si besoin, que ce soit aux proches mais également aux associations ou aux professionnels médicaux qui restent à l’écoute des personnes en détresse.
  • Nous sommes des êtres sociables par nature. Il est donc impératif que nous gardions un lien à distance (téléphone, internet) avec nos proches. Cela peut être l’occasion de resserrer les liens familiaux et les liens avec notre communauté, d’être à l’écoute de ceux en difficultés mais aussi ne pas avoir peur d’exprimer nos propres difficultés.

En ces temps incertains, prenons soin de nous et de nos proches, restons connectés avec notre communauté et soyons reconnaissants de nos soignants.

 

 

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Homélie du Père Augustin du dimanche 26 avril 2020

TROISEME DIMANCHE DE PAQUES

Première Lecture : Actes des Apôtres : 2, 14.22b-33

Psaume : 15

Deuxième Lecture : 1 Pierre 1, 17-21

Evangile : 24, 13-35

Chers frères et sœurs,

Ce 3eme dimanche de Pâques est encore plein de surprise ! Surprise quand on entend Pierre qui témoigne avec force et courage le jour de la Pentecôte : ‘’Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins’’. Il proclame haut et fort qu’avec Jésus, la mort n’a pas le dernier mot ; le projet de Dieu conduit à la vraie vie.

Ce témoignage de Pierre fait aussi écho dans la 2ème lecture : nous sommes rachetés par ‘’un sang précieux ; celui d’un agneau sans défaut et sans tâche, le Christ’’. Nous sommes invités à recevoir cette lettre comme un appel à une véritable conversion intérieure.

C’est dans l’Evangile que la surprise se fait plus sentir. En effet, deux disciples de Jésus reviennent de Jérusalem pour Emmaüs. Ils ont la mort dans l’âme. C’est la fin de leur espérance. Ils attendaient beaucoup de ce ‘Jésus de Nazareth’, « un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. » Ils ont espéré « qu’il serait le libérateur d’Israël ! » Apparemment tout est perdu, car « les chefs des prêtres et les dirigeants l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. » L’un des disciples s’appelait Cléophas. Le nom du deuxième disciple n’est pas mentionné. Et si ce disciple était chacun de nous ? La surprise serait plus vivante !

En effet, nous sommes souvent comme ces deux disciples marqués par la tristesse et le découragement. C’est ce qui arrive quand nous voyons notre vie de tous les jours comme une défaite : la défaite de l’Évangile pour les chrétiens persécutés, pour les pauvres, les exclus, les victimes, de la maladie, de la violence, des guerres, de l’abandon. La défaite quand je prie pour une telle intention mais rien. La défaite quand je lutte contre une maladie ou une addiction mais je suis sans résultat. La défaite quand je manque de courage pour prendre une décision de vie. La défaite quand je lutte contre mon mauvais caractère. En cette période de pandémie, ils sont nombreux ceux et celles qui souffrent de la maladie et de la solitude mais aussi de la peur. La défaite c’est tout simplement quand j’ai perdu tout espoir et toute espérance. Et pourtant, sur notre ‘’route d’Emmaüs’’, en temps de désarrois et de confusion, Jésus est là comme il le fit pour les deux disciples ! Il chemine avec nous comme il le fit avec les deux disciples. Mais souvent nous ne le reconnaissons pas vite comme les deux disciples. Comme le dit Saint Augustin : « La Vie marchait avec eux, mais Elle n’était pas encore entrée dans leur cœur. »

Cette route d’Emmaüs, c’est un peu comme un bout de chemin de notre vie avec ses défaites mais aussi ses victoires, ses hauts et ses bas. C’est la route que toute personne, un jour ou l’autre, devra sillonner. Là où l’on se pose beaucoup de questions sans réponses immédiates. Là où, souvent, on s’attend à tout autre chose qu’à Dieu lui-même…Le même Christ nous rejoint sur nos routes. Il rejoint notre monde qui souffre de la pandémie du Covid 19. Si l’humanité l’invite Il se fera découvrir car Il n’est pas loin. Mais trop souvent, notre esprit sans intelligence nous empêche de l’écouter.

Les deux disciples disent à Jésus : ‘’Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse’’. C’est à cela que nous sommes tous appelés : inviter et accueillir le Christ dans nos vies, nous laisser transformer par son Évangile au quotidien. Pour reconnaître le Christ ressuscité, présent dans notre vie, il nous faut le regard de la foi, une foi fondée sur la Parole de Dieu et l’Eucharistie. C’est là où le Christ ressuscité nous rejoint au cœur de nos vies et de nos épreuves pour raviver et fortifier notre espérance.

Et quand on a reconnu et accueilli le Christ vivant, on ne peut pas le garder pour soi-même ; on a envie de le partager sa parole (Evangile) avec le monde. Même si nous ne pouvons plus sortir, nous sommes appelés à témoigner de la foi qui nous anime. Le partage autour d’un passage biblique en famille est une invitation faite à Jésus de rester chez nous.
L’expérience de saint Paul nous ouvre un horizon nouveau. La grâce de Dieu lui a donné la capacité de surmonter bien des épreuves. « Le Seigneur m’a dit : ‘Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse.’ » (2 Corinthiens 12 :9). Venons renouveler nos forces à la Source. Allons à la rencontre de Jésus, notre ‘Compagnon de route’ pour mieux Le découvrir. Le Seigneur ressuscité nous rejoint encore aujourd’hui, ici et maintenant. Puissions-nous avoir, nous aussi, le ‘cœur brûlant’ de le reconnaître et de l’accueillir chez nous, chez lui. Amen !

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Homélie du Père Augustin du dimanche 19 avril 2020 Dimanche de la divine Miséricorde

DEUXIEME DIMANCHE DE PAQUES (OU DIMANCHE DE LA DIVINE MISERICORDE).

Actes des Apôtres : 2, 42-47

Psaume : 117

Deuxième lecture : 1 Pierre 1, 3-9

Evangile : Jean 20, 19-31

 

Chers frères et sœurs,

Ce deuxième dimanche de Pâques est aussi appelé Dimanche de la Divine Miséricorde. Et de la Miséricorde, nous en avons tous besoin !

Les lectures du jour nous aident à méditer sur la résurrection du Christ. Dans l’Evangile, Jésus fait encore la surprise. Il apparaît à l’improviste, se tient au milieu de ses disciples et leur dit à la manière juive : ‘’La paix soit avec vous’’. Une Paix pour dissiper la crainte, l’angoisse et l’insécurité qu’ont causé les moments tragiques de ses derniers jours de sa souffrance et de sa mort. Une Paix certainement aussi pour rassurer les siens, les purifier et les fortifier. Pour leur prouver qu’Il est bel et bien vivant, Jésus leur montre les plaies dans ses mains, celles dans ses pieds et dans son côté. Une façon de dire que la résurrection n’échappe ni à la souffrance ni à la mort du corps : il faut passer par la mort en Christ pour vivre éternellement. Mais très vite, Jésus ajoute : ‘’De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie’’, ensuite, Il leur donne le Saint-Esprit avec la mission et le pouvoir de pardonner les péchés. La Bonne Nouvelle ici, est très forte : avec la résurrection, les péchés sont remis et pardonnés. Jésus nous fait ainsi ambassadeurs de la réconciliation. Et, si nous n’y allons pas, cette Bonne Nouvelle de la Réconciliation prendra un coup. Il nous envoie annoncer à notre tour que Dieu est Amour et Pardon. Le seul péché, celui qui est la racine de tous les autres, c’est de ne pas croire à l’amour de Dieu. Il dépend donc de nous, les nouveaux disciples de Jésus par le Baptême, d’aider nos frères à faire l’expérience de cet amour de Dieu afin qu’ils en vivent pleinement. Cette Bonne Nouvelle de Pâques sera effective quand nous aurons accepté d’aller en mission. Nous sommes donc tous envoyés. Mais à qui sommes-nous envoyés et où sommes-nous envoyés ? La mission dont il est question n’est pas nécessairement géographique surtout en ces temps où les transports aériens et terrestres fonctionnent au ralenti. Il s’agit d’une mission qui suppose simplement un mouvement de cœur, un comportement, une disposition et une attitude d’ouverture à l’autre. C’est bien le cas de la première communauté chrétienne : au lendemain de la résurrection tous les peuples étaient devenus des frères assidus à l’enseignement des Apôtres, à la communion fraternelle et ils étaient tous fidèles à la fraction du pain (ou à l’Eucharistie), mais aussi à la prière. Cette communauté de frères avait un seul cœur et un seul esprit. Cela veut souligner la nécessité vitale de la messe pour notre vie de foi, l’importance de la communauté fraternelle autour de l’Eucharistie.

Même si nos mouvements sont présentement limités, nous pouvons engager des actes de solidarité selon nos possibilités ou utiliser les moyens de communication pour atteindre les autres. Aussi et surtout, nos familles peuvent devenir des foyers de d’amour ou des ‘’Eglises domestiques plus créative où la Paix est encore possible, où le pardon est donné par amour et non par contrainte, où la bienveillance est réciproque et la fraternité considérée comme un don et une grâce. C’est à ce prix, que notre ‘’Eucharistie de désir’’ (ou notre Communion de désir) pourra prendre son sens et nous mettre en marche pour une COMMUNE-UNION avec les autres et avec Dieu. Alors, le doute de Thomas de voir Jésus et de toucher ses plaies avant de croire aura un sens : celui de faire sa propre expérience du ressuscité sans seulement se baser sur les récits ni les rumeurs ou les expériences des autres. Car en vérité, le miracle du tombeau vide n’est pas juste une information de rue : c’est d’abord une expérience personnelle de Marie Madeleine, de l’autre Marie, de Pierre et de Jean. C’est ensuite celle du rendez-vous de Galilée et finalement celle des disciples verrouillés par crainte des juifs. Si Thomas doute c’est pour que sa foi devienne une rencontre avec le ressuscité et non seulement un recueil d’information reçus des autres. L’attitude de Thomas est une invitation à privilégier une rencontre avec Jésus et en faire une expérience d’intimité entre deux amis. Le doute de Thomas n’est donc pas un simple refus de croire mais plutôt un appel à la contemplation, à la prière et même à la Lectio Divina. La foi d’une communauté tient bon quand celle de chacun de ses membres est solide. Ainsi, comme Thomas, chacun pourra tomber en adoration et faire surgir de son cœur : ‘’Mon Seigneur et mon Dieu’’. Marchons dans l’Esperance avec le Christ Ressuscité ! Car toute communauté qui vit d’Espérance grandit dans le temps et dans l’espace. Que la Divine Miséricorde soit sur nous maintenant et à jamais ! Amen !

 

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Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !!!

Première Lecture : Actes des Apôtres : 10, 34a.37-43

Psaume 117

Deuxième Lecture : Colossiens 3, 1-4

Evangile : Jean 20, 1-9

Chers frères et sœurs,

 

‘’Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !’’

C’est la Pâques ! C’est la fête de la résurrection, la fête du retour à la vie ! Mais c’est aussi la fête de la surprise !

C’est le temps du grand silence dans Jérusalem et environs. Malgré la tension, voici Marie Magdeleine qui surprend tout le monde : rois, chefs et gardes. Alors qu’il fait encore sombre, elle est en route pour aller au tombeau de Jésus : Que fait une femme le premier jour de la semaine, très tôt et dans une ville déserte ? Elle n’a certainement pas pu dormir toute la nuit. Surprise aussi dès son arrivée au tombeau : le Corps de Jésus est porté disparu. Quel choque ! Mais Marie Madeleine ne s’arrête pas là. Elle se dit que l’on a certainement enlevé le Corps de son ami Jésus et qu’on l’aurait mis quelque part. C’est encore l’agonie, le cauchemar dans son cœur déjà trop blessé. Il fait encore nuit dans son cœur. Mais elle ne démissionne pas.

Une autre surprise : c’est Marie Madeleine, une femme, qui informe Pierre et Jean du tombeau vide de Jésus. Surprise aussi qu’à l’arrivée de Pierre et Jean, ils font le même constat : le Corps de Jésus n’y est plus. Mais la disposition du linge signale qu’il y a quelque chose d’insolite et de mystérieux qui se passe. Concrètement, tout le monde est confus et perdu. Que s’est-il donc passé entretemps ? Et quel est le message ?

C’est dire qu’en réalité la résurrection de Jésus préfigure notre propre résurrection. Et qu’en fait, nous ne pouvons pas tout comprendre ni tout expliquer : il y aura toujours quelque chose qui nous échappera quant au mystère de la mort. L’essentiel, c’est que Jésus a conquis la mort à coup sûr.

Comme Marie Madeleine, nous pouvons nous inscrire parmi ceux et celles qui cherchent Jésus partout, à temps et à contre temps, même quand le monde entier aurait perdu la foi. Comme elle, nous pouvons nous sentir envoyés en mission pour prêcher la vie et non la mort, quitter le tombeau vide pour rejoindre Jésus, le ressuscité d’entre les morts. Même quand tout le monde aurait des raisons de se décourager, très tôt à l’aube, je peux me mettre en route pour aller voir Jésus : je verrai certainement le linge bien rangé et qui signale que Jésus n’est pas loin mais qu’il n’est pas dans le tombeau.

Surprise aussi quand on entend Pierre dans la première lecture. Ce même Pierre qui a nié ne pas connaître Jésus devant une fillette. Après la résurrection, nous voyons un Pierre chez le centurion romain, qui n’a plus peur. Pierre change subitement de langage et de discours : il témoigne de l’innocence et de la bonté de ‘’Jésus de Nazareth’’ qu’on a ‘’supprimé en le suspendant au bois du supplice et que ‘’Dieu a ressuscité le troisième jour’’. C’est la force de l’Esprit-Saint. Et nous, frères et sœurs, nous pouvons toujours changer et témoigner de Jésus autour de nous. Ne laissons donc pas les difficultés du moment ni nos échecs d’hier nous dominer. Malgré le degré de ‘’nos nuits et de nos ténèbres’’, Jésus nous tient compagnie pour une vie pleine de sens. Car il a besoin de chacun et chacune de nous aujourd’hui, ici et maintenant dans notre environnement immédiat : en famille ou ailleurs. Comme Marie Madeleine, Pierre ou Jean, surprenons notre époux, notre épouse, nos enfants ou parents, nos amis. Quittons nos tombeaux vides pour la vie, la joie, l’harmonie, la paix et le pardon. La grâce du changement c’est maintenant !

Que cette Pâques soit vraiment le début de notre nouvelle vie, une vie en quête de sens avec le ressuscité : car en vérité, Jésus nous fera toujours des surprises !

Christ est ressuscité, Alléluia ! Alléluia ! Bonne fête de Pâques dans la surprise ! Que Jésus ressuscité nous bénisse. Amen !

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