Homélie du Père Augustin – Dimanche 20 septembre

25eme DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNEE A

Première lecture : Isaïe 55, 6-9
Psaume 144
Deuxième lecture : Philippiens 1, 20c-24.27a
Evangile : Matthieu 20, 1-16

Ecouter l’homelie !

 

Chers amis (es) dans la vigne de Dieu,

La parabole de l’Evangile de ce 25eme Dimanche porte sur le Royaume de Dieu. Le thème de notre méditation est : ‘’Ensemble, travaillons dans la vigne de Dieu’’. Nous avons un Dieu qui est trop vieux ou qui est très sage, trop bon ou très miséricordieux. Notre évangile nous expose un maître de maison qui embauche des ouvriers à des heures différentes de la journée. Ironie, il commence par payer ceux de la onzième heure et ensuite ceux des premières heures. Pire, chacun a le même salaire. Evidemment, il y a grogne du côté des premiers ouvriers car ils se sentent mal traités et lésés. Une approche bien curieuse et humainement étrange. Le salaire ici, c’est le salut auquel nous sommes tous promis. Mais, Dieu a plutôt sa façon de compter et de faire ses calculs. Dans le contexte du Royaume des Cieux, la loi sur la couverture sociale et le comptage des heures de travail ne tiennent pas. Le salaire ou le salut ne dépend pas de grades ni d’heure d’arrivée. Et l’entreprise est ouverte à tout le monde à tout moment même à la onzième heure. L’essentiel, c’est de sortir de chez soi et de guetter toute occasion de travail. Alors, le maître de la vigne vous approche et vous embauche. Pas de critères d’interview d’embauche compliqué. Le style du leadership de Dieu est tout à fait à l’inverse de celui des hommes. Ainsi, les ouvriers de la onzième heure peuvent aussi être sauvés. Dieu n’est pas préoccupé par la rentabilité ni la productivité. Avec Jésus, personne ne peut être au chômage puisqu’il y a du travail pour tous et à tout moment.
Le Dieu de Jésus, le maître de la vigne, est très juste avec des approches apparemment injustes et même contradictoires. Il nous invite à venir à lui à tout moment. Le rendement recherché, c’est d’abord dans l’être, l’attitude et la disposition du cœur. Prenons quelques exemples dans la Bible. Jésus a appelé Mathieu, un voleur notoire à le suivre. Mathieu a porté du fruit en écrivant un évangile de 28 chapitres. Jésus a choisi Pierre, le plus grand lâche des Apôtres, pour garder les clés du Royaume de Dieu. Jésus s’est fait l’ami de Marie Magdeleine, reconnue pour une vie morale très peu recommandable. Résultat : c’est elle qui lui témoigne son amour jusqu’au tombeau. C’est aussi à elle que Jésus apparaît au matin de Pâques pour annoncer l’éclatante Bonne Nouvelle de la Résurrection aux Apôtres ! C’est le Dieu de Jésus qui se révèle au jeune Paul, rempli de rage contre les chrétiens. Il se convertit et au soir de sa vie, Paul aura écrit au moins 14 Epitres de la Bible. Dieu donne le temps du rachat à chacun. Devant Dieu, tout le monde mérite la même attention et la même bonté. Dieu nous veut à lui peu importe le moment ou l’heure. La justice de Dieu n’est pas celle des hommes. Chez Dieu, c’est la grâce qui compte. Pour les économistes que nous sommes, il y a un peu de démesure et d’exagération qui peut pousser à la jalousie. Mais, c’est ce Dieu que nous révèle Jésus. Le salaire ou le salut sera le même. Tant pis pour les aigris et les jaloux : seule la miséricorde compte pour Dieu. Dieu aime chacun tel qu’il est, et non pas pour ce qu’il a ou pour ce qu’il fait. On n’est jamais trop en retard dans la vigne de Dieu. Dieu veut se servir de nos mains pour bénir et donner la paix. Il a besoin de nos yeux pour remarquer la présence du prochain dans la solitude, il nous envoie partager notre espérance et à vivre en solidarité avec ceux qui en ont besoin. Certains sont déjà dans la vigne à nourrir les affamés, soigner, visiter, accueillir, pardonner. C’est le sens premier de notre baptême. L’appel est lancé à tous. Réjouissons-nous parce que chacun est embauché. Célébrons toutes les opportunités que nos rencontres ajoutent à notre fraternité. La vigne ou le Royaume de Dieu est assez vaste pour nous contenir tous.
Dieu nous y attend les bras ouverts pour l’embauche !

Allons-y !

 

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Homélie du Père Augustin – Dimanche 13 septembre

24 EME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Première lecture : Ben Sira le Sage 27, 30- 28,7
Psaume 102
Deuxième Lecture : Romains 14, 7-9
Evangile : Mathieu 18, 21-35

 

Ecouter l’homélie :

 

Chers frères et chères sœurs en Christ,

Le thème de ce 24eme dimanche porte sur le ‘’Pardon inépuisable’’.
L’évangile nous présente une parabole à trois étapes :
Étape 1 : Le roi règle ses comptes avec ses serviteurs. L’un de ses hommes lui doit tellement qu’il ne peut rembourser. La seule issue c’est qu’il mérite la prison ensemble avec sa famille jusqu’à ce qu’il ait payé le dernier centime. Il supplie le roi qui lui efface sa dette par pitié.
Étape 2 : L’homme qui vient d’être gracié se trouve aussi en face de l’un de ses débiteurs. Malgré les supplications de ce dernier, notre homme ne veut rien entendre. Alors, il le fait jeter en prison pour une somme dérisoire sans aucune autre forme de procès.
Étape3 : le roi est informé de son comportement et lui reproche sa dureté de cœur et son manque d’humanisme. Il lui demande ‘’ Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’’ C’est le nœud même de cette parabole.
La réaction du roi nous réfère à une partie de la prière du ‘Notre Père’ que nous connaissons certainement très bien : ‘’pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés’’.
L’interprétation c’est que nous serons pardonnés à la mesure du pardon que nous accordons aux autres. Pierre exprime clairement qu’il y a quelque chose ici qui ne va pas de soi. Il pose la question au Christ : ‘’Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ?’’. Mais Jésus répond : ‘’ je ne dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois’’. Cela veut dire que le pardon n’a pas de limites. Nous sommes appelés à toujours pardonner chaque fois que nous sommes offensés. Comme Pierre, nous sommes parfois disposés à pardonner et à faire preuve de compassion et à passer l’éponge. Mais jusqu’à quand ? Cela peut être terrible et pénible quelque fois. Visiblement, il faut des limites. Car notre nature humaine est si fragile qu’elle ne peut pas supporter à chaque fois les offenses des autres. La patience a ses limites dit-on souvent. Mais c’est justement ici que le Christ attend l’Apôtre Pierre pour lui faire comprendre qu’il faut dépasser le stade des émotions. Celui qui nous fait du mal est en fait un malade qui s’ignore. C’est pourquoi il a besoin de miséricorde. Il a besoin de notre bonté pour se relever. Chercher à se venger risque d’empirer la situation des deux côtés. Toute offense peut se pardonner. Tout pardon fait du bien à celui qui pardonne et à celui qui est pardonné. Quand on pardonne on se sent plus léger et à l’aise avec soi-même. Quand on ne peut pas pardonner, on en souffre tout seul. La rancœur et l’aigreur nous font souffrir de l’intérieur et nous épuisent souvent. Elles pourraient même avoir des effets néfastes sur notre santé et compromettre nos relations interhumaines. La vengeance tue le vengeur. C’est pourquoi Ben Sira dans la première lecture, aide à comprendre que le véritable pardon de Dieu envers nous les hommes, consiste à accorder à l’humanité une indulgence qui dépasse et traverse le temps. En fait, le pardon nous rétablit de l’intérieur, nous donne la quiétude du cœur et la joie de vivre. Le vrai pardon, c’est le pardon sans calcul. Ainsi, nous pouvons pardonner et redoubler de vigilance et de prudence. Jésus nous invite à offrir au prochain un pardon authentique, inépuisable et sincère. On ne pardonne pas nécessairement pour le bien des autres mais d’abord pour notre propre bien. Cependant, il est décent d’éviter de faire souffrir les autres par nos offenses. Jésus nous a tous pardonnés de la Croix car nous étions ignorants et loin de sa grâce. Avez-vous un frère ou une sœur à qui vous devez le pardon ? N’hésitons pas à le faire aujourd’hui. Vous serez déchargés d’un grand fardeau. Le pardon est divin. Alors, ‘’Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis’’. Que l’Esprit-Saint nous inspire.

Amen !

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Homélie du Père Augustin – Dimanche 6 septembre

23eme DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNEE A

Première lecture : 33,7-9
Psaume : 94
Deuxième Lecture : 13,8-10
Evangile : 18, 15-20

Ecouter l’homélie

Chers frères et chères sœurs,

Le thème de ce 23eme Dimanche porte sur la ‘’Beauté de la Communion Fraternelle’’.
Nos journées sont souvent faites d’interactions variées, de bonnes et de moins bonnes, des moments de tensions qui peuvent compromettre nos relations. Et seul l’amour peut nous pousser à aller vers le prochain qui nous a peut-être offensés ou humiliés. Sinon, on classe la personne dans la zone rouge et on a fini avec elle.
Dans la première lecture, le prophète Ezéchiel reçoit de Dieu la mission de “guetteur” ou de ‘’veilleur’’ sur Israël. Il faut qu’il écoute Dieu et qu’il transmette fidèlement à Israël les paroles entendues. Connaissant la nature humaine Dieu avertit le prophète de ne pas ‘’jouer avec sa mission’’. Sinon il payera cher. Ces paroles invitent à se convertir et à changer de vie. Le peuple mourra s’il ne se convertit pas. Et le prophète ne sera pas tenu responsable. Mais s’il néglige sa mission il périra avec le peuple. Terrible avertissement !
Cette mission de veilleur nous concerne tous. Mais quelquefois, nous nous en détournons et prêchons nos propres vérités. Ou alors, c’est à l’homme de Dieu de dire toutes les vérités aux fidèles. Le vrai guetteur veille sur lui-même et sur les autres, en particulier les plus vulnérables et les plus exposés. La mission du veilleur n’est pas de se sauver tout seul mais de sauver ceux qui lui sont confiés.
C’est dans ce sens qu’il nous faut comprendre l’Evangile de ce jour. Nous sommes constamment envoyés vers le prochain qui s’égare. Il tourne le dos à l’amour de Dieu et s’enfonce dans son refus d’écouter son frère ou sa sœur. Notre mission est loin de moraliser ni de condamner. Car nous ne sommes pas mieux. Nous pouvons saisir l’occasion de chute des autres pour en faire une opportunité de rachat et de croissance en créant la chance pour un nouveau départ. Nous sommes guetteurs et quêteurs de la grâce et non espions de la chute des autres. Plutôt que d’accuser et de juger, nous pouvons écouter et nous disposer à discerner avec les autres.
Le péché, c’est notre refus de nous laisser guider par Dieu. C’est notre état de perdition qui nous éloigne de Dieu et compromet notre fraternité avec le prochain. Nous sommes donc appelés à racheter notre frère ou notre sœur qui s’égare sans nécessairement s’en rendre compte. Alors, acceptons souvent d’entreprendre avec le prochain une ‘’relation de gagnant-gagnant’’. Qui sommes-nous pour juger les autres ? Dire la vérité aux autres est très facile. Mais, vivre la vérité paraît plus exigeant. Il faut donc éviter à tout prix tout ce qui compromet la communion fraternelle. Si nous identifions le péché veillons à sauver le pécheur : jetons l’eau sale du bain et gardons notre bébé. Faisons tout pour gagner notre prochain de la perdition en conservant sa dignité et son amour propre. Jésus nous dit qu’à deux ou à trois, on voit plus clair. La communauté de foi peut soutenir par la prière et l’attention. Car, Jésus est toujours présent parmi nous dans l’Eucharistie qui nous rassemble. Saint Augustin nous convie vraiment à l’essentiel :

Aime et fais ce que tu veux. Si tu te tais, tais-toi par Amour,
Si tu parles, parle par Amour, si tu corriges, corrige par Amour,
Si tu pardonnes, pardonne par Amour.
Aie au fond du cœur la Racine de l’Amour :
De cette racine, rien de mauvais ne peut sortir.”

Alors “aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur’’.

Amen !!!

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Feuille de messe du 6 Septembre 2020

Feuille de messe du 6 Septembre 2020

Chant d’entrée (En Sango-RCA) NZAPA MBI SENGUE ZO TI MO MBI GUA NA MO (Je viens vers toi Père avec plein de confiance)

Kyrié : Jésus, Berger de toute humanité

1 – Jésus, Berger de toute humanité,
Tu es venu chercher ceux qui étaient perdus.

Prends pitié de nous, fais-nous revenir,
Fais-nous revenir à toi ! Prends pitié de nous !

2 – Jésus, Berger de toute humanité,
Tu es venu guérir ceux qui étaient malades.

3 – Jésus, Berger de toute humanité,
Tu es venu sauver ceux qui étaient pécheurs
.
Gloria : ( récité avec l’assemblé
Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.
Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons, Nous te glorifions, nous te rendons grâce, pour ton immense gloire, Seigneur Dieu, Roi du ciel, Dieu le Père tout-puissant.
Seigneur, Fils unique, Jésus Christ, Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le Fils du Père.
Toi qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous. Toi qui enlèves le péché du monde, reçois notre prière ; Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous.
Car toi seul es saint, Toi seul es Seigneur, Toi seul es le Très-Haut, Jésus Christ, avec le Saint-EspritDans la gloire de Dieu le Père. Amen

Première lecture : Lecture du livre du prophète Ezékiel (33,7-9)

Psaume de Méditation :
Aujourd’hui ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur

Deuxième lecture : Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux romains (13,8-10)

Acclamation : En Sango-RCA ( avant et après avoir lu l’introduction par le 2ème lecteur)
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec Lui : Il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation
Homélie

Profession de foi

Prière universelle : Jésus, toi qui as promis d’envoyer l’Esprit A ceux qui te prient, Ô Dieu, pour porter au monde ton feu,

Offrande : É GUA TI YA NA MO SADAKA TI É BABA
( Père nous venons t’offrir en retour de ce que Tu nous à donner)

Sanctus – Qu’il est grand Ton Nom
Qu’il est grand Ton Nom…Par toute la terre
Qu’il est grand Ton Nom….Il fait chanter nos cœurs !
Hosanna ! Hosanna ! au plus haut des cieux !
Hosanna ! Hosanna ! au plus haut des cieux !
Tu es beau…Tu es Saint….
Tu es Dieu….Éternellement !
Qu’il est grand Ton Nom………

Anamnèse : Gloire à toi qui étais mort
Gloire à toi qui étais mort, Gloire à toi, Jésus
Gloire à toi qui es vivant, Gloire à toi
Gloire à toi ressuscité,
Viens revivre en nous
Aujourd’hui et jusqu’au dernier jour.

Notre Père : Proclamé

Agneau de Dieu : La paix, elle aura ton visage

La paix, elle aura ton visage, la paix, elle aura tous les âges.
La paix sera toi, sera moi, sera nous, et la paix sera chacun de nous.
Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous
Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous
Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, donne-nous la paix

Chant de communion: (En Sango-RCA) Nzala ti Mo a gbou mbi o Gbya
(J’ai faim de toi mon Dieu)

Chant d’action de grâce à Marie en Lingala RDC : Mama Maria

Envoi : Comment ne pas te louer

R. Comment ne pas te louer-er-er
Comment ne pas te louer-er-er
Comment ne pas te louer-er-er
Seigneur Jésus ! Comment ? Comment ?

 

BON DIMANCHE A TOUS !!!

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Homélie du Père Augustin – Dimanche 30 août

VINGT DEUXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE/ ANNEE A

Premiere lecture : Jérémie, 20, 7-9
Psaume : 62
Deuxième Lecture : Romains, 12,1-2
Evangile : Mathieu 16, 21-27

Ecouter l’homélie

Chers frères et sœurs en Christ,
Ce 22eme Dimanche du temps ordinaire nous invite à méditer sur le ‘’Renoncement à soi pour une vie en plénitude dans Christ’’.
Dans la première lecture, le prophète Jérémie nous partage ses états d’âme. Il est visiblement crucifié par sa vocation et remet tout en question. Au départ, après quelques réticences, il s’était laissé séduire par Dieu. Mais au fil du temps, il ne voit monter contre lui que l’incompréhension, les moqueries, la haine et les persécutions. Il regrette et maudit sa vie. Il prend le courage d’exprimer ses sentiments et ses émotions à Dieu. Mais la foi de Jérémie est aussi forte que son cri de détresse. Quel en est le secret ? Jérémie le découvre dans le feu dévorant que Dieu a allumé au plus profond de son cœur. Il n’est jamais confortable de dire une parole qui dérange, qui bouscule. C’est parce qu’il proclame la Parole de Dieu à temps et à contre temps que Jérémie est persécuté. Mais, c’est cette même Parole qui lui donne la force de continuer. Comme quoi, la Parole de Dieu est précieuse pour notre foi !
Dans l’Evangile, Pierre ne peut comprendre le sort de Jésus qui l’attend à Jérusalem. Un roi rejeté et sans moyens de défense : c’est le monde à l’envers. Il a du mal à renouveler sa façon de penser sur Jésus, lui qu’il a décrit comme ‘’le Christ, le Fils du Dieu vivant ’’. Humainement parlant, Pierre a raison de s’insurger. Mais Jésus le ramène à l’essentiel. Il ne veut pas être distrait par des sentiments.
Que nos vues sur Jésus soient quelquefois spontanément ‘’humaines’’, quoi de plus naturel ! Mais il nous faut laisser l’Esprit les transformer, parfois les bouleverser complètement, si nous voulons rester fidèles au désir de Dieu. Ce que Dieu veut, son désir le plus vrai c’est évidemment la naissance d’une humanité nouvelle où amour et vérité se rencontrent, où justice et paix s’embrassent. Jésus a emprunté le chemin de la bonté, du pardon, pour que nous puissions l’imiter à notre tour. Ainsi, pourrons-nous donner envie à nos enfants, aux jeunes, à tous ceux qui cherchent, de suivre le chemin du don, de la générosité, du courage de vivre, de la joie d’aimer et de croire. Comment manifestons-nous dans notre communauté que l’amour et la vie peuvent être plus forts que tout ?
C’est en fait le sens de la séduction entre Dieu et Jérémie. Celui qui est séduit peut sentir le poids de la souffrance mais il doit éviter la souffrance aux autres. Il devient le consolateur qui aide à transformer les occasions de chutes en opportunités et en dons. C’est la personne qui permet par sa foi de partager une autre manière de voir le monde autrement en donnant sens aux péripéties de l’existence humaine. C’est difficile de croire en Dieu quand il faut faire face au rejet, à l’incompréhension, à la destruction, à la violence, à la souffrance et à la mort. C’est ici que Jésus donne de la voix : si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive’’. Avec Jésus, pour gagner et pour vaincre, il faut d’abord accepter de perdre. Le chemin de la Croix, c’est le chemin de la croissance spirituelle et de la transformation qui conduit à la vraie vie. Pour que la vie ait un sens, il faut mourir à soi-même en revenant à l’authenticité. En réalité, Jésus nous a montré lui-même le chemin par le récit de sa passion. Nous suivons le Christ pour apprendre à supporter les épreuves et les contradictions de ce monde mais aussi et surtout pour accéder à la connaissance parfaite de Dieu. Nous avons souvent besoin de temps pour partager nos cris de détresse et nos émotions avec Dieu. Une retraite pourrait être ce moment de renouvellement intérieur et de mort à soi. Que l’Esprit-Saint nous fortifie et nous garde fidèles à notre Père qui nous aime inconditionnellement.

Amen !

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Homélie du Père Augustin – Dimanche 23 août

21 EME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE/ ANNEE A

Première Lecture : Isaïe 22, 19-23
Psaume : 137
Deuxième Lecture : 11, 33-36
Evangile : Mathieu 16, 13-20

Ecouter l’homélie!

 

Chers frères et sœurs,

En ce 21eme Dimanche du Temps Ordinaire, notre méditation porte sur l’IDENTITE DU CHRIST. En effet l’effet des ‘’Fake News’’ n’a pas commencé avec le temps moderne. Les spéculations et information de toutes formes ont souvent alimenté les conversations sur l’identité de Jésus. A la question : ‘’ Au dire des gens, qui est le Fils de l’Homme ?’’ Jésus est informé par ses disciples que certains le confondent avec Jean-Baptiste, Elie, Jérémie ou l’un des prophètes.
En bon formateur des cœurs, “Jésus va plus en profondeur et leur demande : ‘’Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?’’ Simon-Pierre répond : ‘’Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !’’. Cette réponse de Pierre change tout. Jésus n’est donc pas tout simplement le ‘’Fils de Dieu’’. Car les rois et prophètes d’Israël étaient aussi désignés sous le même titre. Jésus n’est pas seulement un faiseur de miracles, ni défenseur des opprimés et amis des marginalisés. Il est ‘’Celui qui est Oint’’, entièrement consacré par Dieu pour accomplir et rendre parfaite la mission de son Père. On peut même se demander si Pierre lui-même comprenait la portée profonde de sa réponse. La réponse de Simon va beaucoup plus loin que l’intelligence humaine. L’Esprit-Saint nous accorde la grâce que Pierre a reçue afin de reconnaître en Jésus, le Messie, celui qui nous sauve, car il nous aime. C’est dans cette ouverture du cœur de l’homme à la grâce divine que nous nous laissons entraîner avec le secours de l’Esprit-Saint. Ainsi, pourrons-nous reconnaître que tout est de Dieu, par Lui et pour Lui. Si nous nous laissons vraiment guider par l’Esprit-Saint, Jésus nous dira qui nous sommes pour lui. Il nous fera découvrir notre vraie mission et nous confiera des secrets dans nos cœurs. Il nous choisira comme ses confidents. Il nous fera aussi ‘’Bienheureux’’. Quand on ose miser sur la parole de l’Ami, on accepte de faire un pas dans la foi et la confiance un peu comme en aveugle. Pierre aussi spontané qu’il était s’était laissé inspirer par la voix du Père, le Saint-Esprit. Ne compter que sur ses capacités humaines retarde souvent la vraie aventure d’amitié avec le Christ. L’amitié avec le Christ défie tout esprit de calcul et sa limite c’est la confiance dans l’Espérance. Le Christ est la plénitude de la Révélation, le cœur de notre foi et de notre relation à Dieu. Avec Lui, l’Espérance et la confiance nous sont données pour avancer dans la grâce, dans la lumière et l’amour de Dieu.
Le gouverneur de Shebna dans la première lecture l’aura appris à ses dépens : il a été expulsé et chassé de son trône simplement parce qu’il a écarté Dieu de sa gouvernance. Il a fait usage d’arrogance et de malice, laissant les vanités de la chair conduire ses pas. Il a oublié que le pouvoir vient de Dieu et qu’Il nous le donne pour servir et non pour nuire ni maltraiter les gouvernés. Les décisions de Dieu sont impénétrables nous dit Saint Paul. Lorsque nous nous laissons façonner par Dieu et son Esprit-Saint, nous sommes plus lucides pour reconnaître que ‘’tout vient de Lui, et par Lui et pour Lui’’. Ainsi, pourrons-nous Lui donner la gloire qui lui est due !
La question du Christ ‘’Pour vous, qui suis-je’’ ? nous interpelle et reste d’actualité : D’abord, elle peut nous guider à recueillir ce que nos entourages pensent de nous. Cette démarche bien que difficile quelquefois pourrait contribuer à notre croissance personnelle. Car on n’est jamais assez sage pour se connaître tout seul. Ensuite, elle nous permet aussi de méditer sur la vraie identité du Christ dans notre vie. N’ayons pas peur de donner notre réponse au Christ. Avec le Christ, il n’y a ni de bonnes ni de mauvaises réponses. Il saura nous conduire à l’essentiel de la vraie réponse sur son identité. Que l’Esprit-Saint nous y conduise ! Amen !

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Homélie du Père Augustin – Dimanche 16 août

VINGTIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNEE A
Première lecture : Isaïe 56, 1.6-7
Psaume : 66
Deuxième : Romains 11, 13-15.29-32
Evangile : Mathieu 15, 21-28

Ecouter l’homélie

 

Chères sœurs et chers frères en Christ,
Le thème de ce 20 -ème Dimanche porte sur la Miséricorde de Dieu pour tous. Les lectures nous aident à comprendre que Dieu se rend accessible à tous. Ce qui revient à dire que Dieu n’a pas de préférence d’hommes ni même de religion. Il nous suffit de venir à lui et il nous écoute.
Dans la première lecture, Isaïe est entre deux camps : un camp qui voudrait ouvrir leur culte aux étrangers et le camp de ceux qui s’y opposent et veulent rester entre eux.
Cette ouverture est possible à ‘’tous ceux qui observent le sabbat sans profaner et tiennent ferme à mon alliance’’. Dieu est donc clair sur l’essentiel :’’ Car ma maison s’appellera Maison de prière pour tous les peuples’’.
Dans l’Evangile, nous voyons Jésus en action et en mouvement. Il vient d’avoir un débat houleux avec les pharisiens sur la pureté du culte. Et le voilà déjà dans la région de Tyr et de Sidon. C’est un territoire païen où les habitants sont traités d’impurs par les juifs car ils ne respectent pas les règles de pureté de la loi juive. Une femme, et pire, une Cananéenne vient à la rencontre de Jésus et lui pose son problème de manière bien claire ‘’Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon’’. L’attitude de Jésus à l’égard de la femme est à première vue repoussante et humiliante. Le doux et bon Jésus se montre difficile ici. C’est pratiquement la honte pour la femme. Mais elle est tenace et déterminée. Elle veut voir jusqu’où ira la résistance de Jésus. Elle se moque des insultes et du regard des autres. Elle ne veut pas se laisser intimider par quelque circonstance que ce soit. Elle veut être authentique et témoin. Elle est disposée à avoir ‘’les miettes qu’on donne aux chiens’’. Finalement, elle a eu la part belle, la récompense de l’endurance : sa foi a sauvé sa fille ! Coup de surprise pour tous et même pour la femme ! Jésus est ému et même émerveillé. Il finit par céder et il agit en faveur de la Cananéenne. Jésus lui adresse finalement la parole : ‘’Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux !’’
La réponse de Jésus signifie que la Miséricorde de Dieu ne tient pas compte des personnes, ni de leurs origines, ni des cultures ni de quelques barrières que ce soit. Tout homme peut donc se faire écouter par Dieu.
A l’instar d’Isaïe, Jésus nous dit que tout le monde mérite un accueil chaleureux dans la maison de Dieu. La seule condition c’est de chercher Dieu et de lui être fidèle. La foi dépasse donc un simple ensemble de principes religieux ou de profession de foi récitée à tout bout de champ. La foi exige plus la disposition de cœur tourné vers Jésus et son Père. La foi est inspirée et soutenue par l’Esprit-Saint. La foi est une obstination dans la confiance.

Ayons le courage de regarder autour de nous : peut-être verrons-nous quelques ‘’Cananéennes et Cananéens’’. Peut-être que nous les excluons parce qu’ils ne sont pas ‘’catholiques baptisés’’, confirmés et communicants. Jésus semble nous dire qu’être catholique c’est faire preuve d’une foi obstinée, c’est être vrai adorateur de Dieu en esprit et en vérité. Ceux et celles que nous traitons ‘’de païens’’ ou ‘’d’impurs’’ aujourd’hui ont donc le droit d’être accueillis et aimés. C’est la mission universelle de l’Eglise.
Comme la Cananéenne, pourrions-nous prier sans cesse pour nos proches et pour les autres. Oser croire, c’est oser prier à temps et à contretemps. Notre Dieu est un Père sans protocole aucun : allons à lui en confiance. Il sait nous écouter ! Que l’Esprit-Saint nous y conduise ! Amen !

 

 

 

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Homélie du Père Augustin – Dimanche 9 août

19eme DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Première lecture : Livre des Rois : 19, 9a.11-13a
Psaume : 84
Deuxième lecture : Romains 9,1-5
Evangile : 14, 22-33

Ecouter l’homélie

 

Chères sœurs et chers frères,

En ce 19eme Dimanche du Temps ordinaire, notre thème porte sur : ‘’LA RENCONTRE AVEC DIEU’’. Toute rencontre suppose souvent un thème de discussion. Elle évoque confiance et besoin réciproque de la personne en face. On se rencontre pour apprendre, se faire entendre, s’écouter mutuellement, chercher des idées et des conseils, pour se confier ou juste pleurer ensemble. On peut aussi se rencontrer sans rien se dire mais en sortir grandi et satisfait. C’est donc clair qu’on ne se rencontre jamais pour rien.
Dans la première lecture, le prophète Élie fuie la rage de la reine Jézabel et trouve refuge dans le creux d’une grotte. Dans cette grotte providentielle, Elie rencontre Dieu. Le propre d’une grotte est de n’être ouverte que sur un côté. C’est une image de l’intériorité de l’homme. Élie rencontre Dieu dans ‘’le murmure d’une brise légère’’. Cette belle pudeur de Dieu permet à Elie d’accueillir l’Esprit Saint qu’un hymne de Pentecôte appelle ‘’l’Hôte léger de nos âmes’’. Elie dans sa tourmente fait l’expérience d’un Dieu doux, bon et attentionné.
Dans l’Evangile nous avons une expérience du genre. Saint Matthieu joue souvent sur les réalités de ‘’la mer’’ (comme lieu de turbulence), et de ‘’la montagne’’ (comme espace de recueillement et de rencontre avec Dieu). Les journées de Jésus ont souvent été meublées de rencontres. Mais à chaque fois, il a rétabli la balance avec des moments précieux de solitude entre lui et son Père. Jésus se tient ‘’dans la montagne pour prier seul’’, à parler et écouter le Père. Mais Jésus ne perd pas pour autant le souci des siens car il tient à eux. Jésus est sur la montagne avec le Père pour se ressourcer pour un ministère plus efficace. Jésus est présent au Père sans nous abandonner. Jésus est avec nous sans jamais quitter le Père. La prière véritable ne coupe pas des hommes. La présence aux hommes n’éloigne pas du Père. C’est juste l’effet contraire qui se produit. L’homme se donne à Dieu et Dieu se rend accessible à l’homme. La prière nous permet d’établir un équilibre juste entre ‘’Etre’’ et ‘’Agir’’. Et comme l’homme d’aujourd’hui en a tant besoin !
Notre Dieu, Celui qui se nomme ‘’Je-Suis Qui Je-Suis’’ n’est pas fait pour affoler l’Homme. Il nous attire plutôt à lui pour nous ‘’allaiter’’ car bien de choses nous privent de son amour et de sa grâce. Mais, Il le fait dans la brise légère où se cache sa présence discrète et fortifiante. Elie comme Jésus sont des exemples forts pour renouer avec notre vie intérieure. Plutôt que de nous couper de Dieu, les souffrances de la vie et nos multiples occupations devraient nous conduire à Dieu, la source de la vraie vie. Et nous ? Sommes-nous vraiment si forts pour nous passer de cette force spirituelle qui nous réconcilie au Père ?
Un couple ou une famille qui consacre 5mn de prière quotidienne entend et écoute la voix de Dieu dans ‘’un Silence qui parle’’. Un temps consacré à Dieu nous le fait rencontrer dans ‘’le murmure d’une brise légère’’. La prière aide à amortir beaucoup de chocs de la vie. Elle nous aide à voir plus d’opportunités que de menaces ou d’ennemis autour de nous. Ainsi, nous regagnons confiance en nous, nous acceptons que nous avons du prix aux yeux de Dieu et à nos propres yeux. Nous pouvons faire confiance à la voix qui nous dit : ‘’Confiance ! c’est moi, n’ayez plus peur !’’. Du coup, les ‘’Jézabel’’ ne nous font plus peur. Comme c’est payant d’être seul quelquefois vraiment ! Un trésor inouï y est caché !
Chacun de nous est appelé à descendre dans ‘’la caverne de son cœur’’, mais en laissant ouvert un seuil à tous vents, pour écouter Celui qui passe comme le murmure d’un ‘’souffle léger’’. Ou alors, nous pouvons aller à la montagne pour apprendre à être seul quelquefois. Si nous nous renfermons sur nous-mêmes, sans ouverture sur l’infini imprévisible de Dieu nous perdons le goût de la vie. Une bonne rencontre avec Dieu nous ouvre de grandes opportunités de grâce pour rencontrer tout être humain même les ‘’Jézabel’’. Une vraie rencontre avec Dieu nous aide à guérir de nos blessures intérieures. Aller à la rencontre de Dieu, c’est décider de quitter les chaines de son ego. Bonne rencontre avec Dieu ! Amen !

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Homélie du Père Augustin – Dimanche 2 août

18eme DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Première lecture : Isaïe 55, 1-3
Psaume : 144
Deuxième lecture :8, 35.37-39
Evangile : 14, 13-21

Ecouter l’homélie

Chers sœurs et frères en Christ,

Le thème de notre méditation en ce 18 -ème Dimanche porte sur le don gratuit de Dieu.
Un jour une petite fille a demandé à sa mère : Maman, pourquoi allons-nous chaque dimanche à la messe ? La mère lui répondit : ‘’parce que nous avons faim et soif d’amour de nos frères et sœurs et surtout de l’amour gratuit de Dieu’’. C’est probablement cette même faim et cette même soif d’amour qui motivaient les foules à suivre et à écouter Jésus. A cette faim et à cette soif d’amour, Dieu répond par la prophétie d’Isaïe que nous trouvons dans la première lecture ‘’Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau !’’ Isaïe 55,1. Une invitation qui élimine tout calcul et fait face à la gratuité totale de Dieu.
De quelle eau s’agit-il ? De l’eau vive que Jésus avait déjà promise à la Samaritaine au puits de Jacob. Pour rassasier les hommes en marche et fatigués de la route, Jésus donne du pain. A notre faim spirituelle, Jésus se présente aussi sous la forme ‘’d’un bout de pain’’. Certes, cela ne comble pas notre appétit humain. Cela nous conduit en revanche à faire la marche de la foi pour rechercher l’amour de Dieu.
Devant la foule affamée, Jésus invite les disciples et toute la foule à être acteurs : ‘’Donnez-leur vous-mêmes à manger’’. Cette exigence du Christ suggère que Dieu a besoin de nos mains mais aussi de tout ce dont nous disposons : nos biens, notre temps, nos valeurs et qualités. Aucune forme de solidarité n’est petite aux yeux de Dieu.
Si nous allons à Dieu sans nous tourner vers nos frères, sans nous soucier d’eux en vérité, cela ne sert à rien. Nos prières pour eux sans notre part active n’a pas de sens.
Le pain que Jésus nous donne c’est son corps, démembré et partagé à l’infini. Manger son pain, c’est faire corps, c’est à la fois du donner et du recevoir. Dieu donne gratuitement dans l’abondance. Le pain est signe d’un don gratuit, signe d’un amour donné sans espérer en retour.
Si nous n’entrons pas dans cette dynamique du donner et du recevoir, le pain comme don restera stérile. Si nous repartons de la messe sans nous connaître, sans demander un service, sans partager avec notre voisin, l’inconnu, l’étranger, cela ne sert à rien.
L’amour donné, partagé et multiplié est le pain que Dieu nous donne, sans mesure, sans intérêt et sans retour. Quand on donne gratuitement, on récolte en abondance. A la multiplication des 5 pains et des 2 poissons, il en reste 12 corbeilles : c’est bien signe de l’amour immense de Dieu.
La surabondance du don, représentée ici par le chiffre 12 nous conduit à une méditation : celle de l’abondance des dons de Dieu. Quand on donne vraiment, on reçoit toujours en abondance de Dieu.
Le don de Dieu, l’amour de Dieu est immense, si nous devenons ce que nous recevons et mangeons à l’eucharistie, alors le don de Dieu sera immense et débordant en nous et autour de nous.
Si nous mangeons le Corps du Christ, si nous devenons ce Corps, si l’amour nous habite alors ‘’ni la mort ni la vie, (…) ni le présent ni l’avenir, (…) ni aucune autre créature, [aucun virus, aucun mal] rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. ‘’ (Rom 8).
La messe est plus qu’un simple lieu où chacun vient pour juste se recueillir des consolations personnelles. Elle est le repas avec le Seigneur, même si nous nous sentons indignes ou rongés de doute et de peur d’être jugés. Jésus est là qui a soif et faim de notre amitié. Ce qui nous est donné de vivre dans l’eucharistie, c’est la même intimité avec le Seigneur. Personne n’est donc trop pauvre pour montrer assez de bonté chez nous. C’est justement à chacun de nous que Jésus répète : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » vos cinq pains et vos deux poissons, ou même rien que quelques miettes … Lui, Jésus fera le reste. L’essentiel, c’est d’oser donner sa part !
Si vous doutez de la force et la puissance du don gratuit, donnez et vous verrez !

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Homélie du Père Augustin – Dimanche 26 juillet

17eme DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

« Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. »

Première lecture : 1 Rois 3, 5.7-12
Psaume : 118
Deuxième lecture : Romains 8,28-30
Evangile : Mathieu 13, 44-52

Écouter l’homélie !

 

Thème de méditation : Le Royaume des Cieux comme Trésor Inestimable
Les lectures de ce 17eme dimanche nous invitent à en faire une priorité capitale.
Quand on parle de Royaume des Cieux, nous pensons souvent à une réalité future et très loin de nous. Selon Saint Mathieu dont est tiré l’évangile du jour, le royaume des Cieux, (ou le royaume de Dieu) signifie ‘’la présence de Dieu et ses actions au milieu de nous (c’est vraiment ‘’ Emmanuel’’ Dieu avec nous). C’est la manière de Dieu de venir à nous pour nous sauver et se réconcilier avec nous. Dieu fait l’impensable pour nous aimer malgré nous.
Dans l’évangile, le royaume des Cieux est d’abord comparé à ‘’un trésor caché dans un champ’’. L’homme qui l’a découvert prend soin d’acheter tout le champ. Le royaume de Dieu est aussi comparé à un homme qui cherche des perles fines de grandes valeurs. Le négociant trouve une de grande valeur, investit son temps, son énergie et achète la perle.
Ces deux hommes ont compris l’essentiel. Rien d’étonnant à leur attitude puisque Dieu arton2358-2d0e3est le Bien suprême et le trésor sans prix. Mais ce Bien n’est pas évident car il est d’ordre spirituel et non matériel. Il est donc en quelque sorte caché. Isaïe avait déjà parlé du Dieu caché : ‘’Vraiment tu es un Dieu qui se cache, Dieu d’Israël, Sauveur’’ !
Pour Dieu le hasard n’existe pas. Il n’y a que sa Providence et sa grâce. C’est pourquoi Saint Paul nous dit ‘’quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien’’. Dieu intervient souvent dans nos vies de manière imprévue. Dieu évite les généralisations et traite avec chacun de nous selon ses circonstances.
Dans la parabole, le signe du Royaume, c’est la joie d’une découverte et d’une victoire !
La joie : un trésor inestimable qui manque tant à beaucoup de nous trop étouffés par les biens matériels mais toujours insatisfaits et profondément tristes. La joie ne peut venir de notre compte bancaire. La joie est un don de l’Esprit, une disposition qui nous fait reconnaître avec gratitude tout ce que nous recevons de Dieu et des autres et surtout ce que nous sommes. Il ne suffit pas d’être riche pour être heureux. Sinon le royaume des Cieux aurait été déjà acheté par certains. Il faut encore savoir apprécier autant les biens matériels que les biens spirituels à leur juste valeur. L’appréciation nous renvoie à Celui qui donne vie, sagesse et esprit de discernement. C’est cela qui donne sens à nos vies et qui nous aide à tenir aux priorités. La course sans frein ni discernement nous prive souvent de cette joie. Nous perdons même le sens de l’appréciation et de la gratitude. Nous allons à sens unique. Si le Royaume des Cieux est réellement le Bien suprême pour nous, alors nous devons être prêts à discerner et à faire les bons choix.
Comme le négociant qui achète la perle fine, recherchons le royaume de Dieu et investissons-nous pour l’acheter. Donnons de notre temps pour les choses qui vaillent la peine. Faisons de notre vie spirituelle une priorité. Notre liberté humaine est donc interpelée et engagée. Etre chrétien c’est un pas mais il faut encore s’y investir.
Salomon nous en donne bien l’exemple parfait pour sa bonne gouvernance : il cherche la sagesse et le discernement pour diriger son peuple. En réponse à Dieu, il demande ‘’un cœur attentif’’ afin de savoir gouverner le peuple et ‘’discerner le bien et le mal’’ : Il se reconnaît incapable par sa seule sagesse et intelligence. Lorsqu’on a la vraie sagesse, le vrai discernement suppose assez d’humilité. Sans le discernement, on rate souvent des opportunités de faire de sa vie un service. On bouscule tout le monde avec un seul centimètre de pouvoir. En couple, on devient impossible du jour au lendemain après le mariage. Dans la vie quotidienne, nous perdons de vue que le gaspillage de ressources et de biens est un scandale.
Dieu est à nos portes avec la même question : ‘’Demande ce que je dois te donner’’. Quelle priorité donnons-nous donc dans nos vies individuelles, en couple ou en famille, en équipe communauté de foi ou de travail ? Quelles sont nos priorités pour protéger et maintenir ce trésor inestimable de la foi et de la vie ? Dieu nous envoie une carte d’invitation : “Revenez à moi de tout votre cœur”. Comment ? Peut-être en lisant la Parole de Dieu ? Quand on a trouvé ce trésor du Royaume de Dieu, cela se contamine : le chrétien ne peut garder sa foi cachée car elle transparaît dans chaque parole et chaque geste. Le trésor inestimable est déjà à portée de main. Veillons le partager autour de nous !

 

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