2EME DIMANCHE DE L’AVENT ANNEE B

Première Lecture : Isaïe 40,1-5.9-11
Psaume 84
Deuxième Lecture : 2 Pierre 3,8-14
Evangile : Marc 1,1-8

Cliquez ici pour les protocoles établis pour les messes : https://paroisseamsterdam.com/2020/10/15/protocoles-pour-les-messes-au-beguinage-3/

Ecouter l’homélie :

Chers frères et sœurs,
Le thème de ce deuxième dimanche de l’Avent est : ‘’Laissons-nous consoler’’. La première lecture nous annonce la bonne nouvelle de la venue de Dieu pour consoler et pardonner son peuple. S’il vient, c’est qu’il y a nécessité. Il cherche à se réconcilier avec son peuple qui l’avait chassé, ignoré et oublié de leur cœur. Mais il a besoin, pour ainsi dire, de la permission de ses fils. Dieu veut savoir s’ils sont disposés à l’accueillir. Car l’attente de Dieu doit répondre à l’attente des hommes. Sinon c’est parti pour échouer. À eux de préparer le chemin, de combler les ravins, d’abaisser les montagnes. Alors, peut retentir l’heureuse annonce : ‘’Voici votre Dieu’’. C’est bien ce qui se passe avec Jean-Baptiste dans l’évangile. Il propose un ‘’baptême de conversion’’. Baptême, c’est-à-dire mort à une façon de vivre ou de penser pour naître de nouveau. Conversion signifie changement d’optiques, retournement, rénovation et même innovation. Il s’agit de sortir de son passé encombrant pour vivre avec gratitude et passion son présent afin de s’ouvrir au nouveau qui se présente. Pourquoi, au lieu de prêcher dans les synagogues et les temples Jean-Baptiste se réfugie-t-il au désert ? Parce qu’il voulait vivre l’expérience transformatrice du désert avant de goûter à la liberté des fils de Dieu. Une expérience et une traversée toujours à refaire, sous des formes différentes.

 

 

Sa manière de se vêtir et de se nourrir nous décrivent son ‘’dépouillement ou détachement’’ : on ne peut accueillir celui qui vient que si l’on a les mains vides et le cœur ouvert. De plus, nos textes ne nous disent rien sur l’enfance de Jean et sur sa ‘’formation’’. Chez Marc, il surgit de nulle part : il n’est qu’une voix menaçante qui crie dans le désert. Nous aussi nous avons à faire le vide pour faire place à la nouvelle humanité, au ‘’Fils de l’homme’’ qui est en même temps Fils de Dieu. C’est un appel à devenir nouveau à tous les niveaux.
En parlant de changement de vie, nous risquons de rester dans l’abstrait. Un pas décisif est nécessaire : il s’agit de se rendre disponible pour rencontrer quelqu’un. Se rendre disponible suppose le courage de revenir à soi et de demander la grâce nécessaire pour s’accepter comme enfant de Dieu. C’est faire le ménage chez soi. Se libérer de tout ce qui nous pèse dans le cœur, ce qui constitue ces montagnes et ces ravins à aplanir. Nous en sommes tous là, mais nous ne pouvons désigner le Christ à d’autres hommes qu’en nous ouvrant nous-mêmes à lui avec des actes concrets. Dieu nous veut légers et à l’aise avec nous-mêmes et avec les autres. Il s’agit d’accueillir et d’être accueilli. En d’autres termes, il s’agit d’aimer. Si nous accueillons Dieu, nous serons accueillis par lui. Si nous accueillons le prochain Dieu se sent accueilli. Ainsi, nous vivrons cette complicité d’amour avec lui comme dans la trinitaire. Pour y parvenir, nous avons à vivre notre exode personnel, notre chemin de discernement. Désormais Dieu se tient en nous et chez nous. L’amour à distance est dépassé. Désormais, c’est par le Christ qui est comme le point d’unité entre Dieu et l’homme. Rendons-nous disponibles pour la rencontre avec le Christ, à la fois connu et inconnu. Cette rencontre est à refaire sans cesse. Ainsi, nous pourrons mieux reconnaître l’hôte de nos cœurs qui se décide de venir nous consoler. Laissons-nous consoler vraiment ! Laissons-nous aimer de Dieu ! Il est au milieu de nous en mendiant d’amour ! Il ne cherche qu’à être reconnu et accueilli ! Cédons-lui notre cœur ! Amen !