Homélie du Père Augustin – Dimanche 6 septembre

23eme DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNEE A

Première lecture : 33,7-9
Psaume : 94
Deuxième Lecture : 13,8-10
Evangile : 18, 15-20

Ecouter l’homélie

Chers frères et chères sœurs,

Le thème de ce 23eme Dimanche porte sur la ‘’Beauté de la Communion Fraternelle’’.
Nos journées sont souvent faites d’interactions variées, de bonnes et de moins bonnes, des moments de tensions qui peuvent compromettre nos relations. Et seul l’amour peut nous pousser à aller vers le prochain qui nous a peut-être offensés ou humiliés. Sinon, on classe la personne dans la zone rouge et on a fini avec elle.
Dans la première lecture, le prophète Ezéchiel reçoit de Dieu la mission de “guetteur” ou de ‘’veilleur’’ sur Israël. Il faut qu’il écoute Dieu et qu’il transmette fidèlement à Israël les paroles entendues. Connaissant la nature humaine Dieu avertit le prophète de ne pas ‘’jouer avec sa mission’’. Sinon il payera cher. Ces paroles invitent à se convertir et à changer de vie. Le peuple mourra s’il ne se convertit pas. Et le prophète ne sera pas tenu responsable. Mais s’il néglige sa mission il périra avec le peuple. Terrible avertissement !
Cette mission de veilleur nous concerne tous. Mais quelquefois, nous nous en détournons et prêchons nos propres vérités. Ou alors, c’est à l’homme de Dieu de dire toutes les vérités aux fidèles. Le vrai guetteur veille sur lui-même et sur les autres, en particulier les plus vulnérables et les plus exposés. La mission du veilleur n’est pas de se sauver tout seul mais de sauver ceux qui lui sont confiés.
C’est dans ce sens qu’il nous faut comprendre l’Evangile de ce jour. Nous sommes constamment envoyés vers le prochain qui s’égare. Il tourne le dos à l’amour de Dieu et s’enfonce dans son refus d’écouter son frère ou sa sœur. Notre mission est loin de moraliser ni de condamner. Car nous ne sommes pas mieux. Nous pouvons saisir l’occasion de chute des autres pour en faire une opportunité de rachat et de croissance en créant la chance pour un nouveau départ. Nous sommes guetteurs et quêteurs de la grâce et non espions de la chute des autres. Plutôt que d’accuser et de juger, nous pouvons écouter et nous disposer à discerner avec les autres.
Le péché, c’est notre refus de nous laisser guider par Dieu. C’est notre état de perdition qui nous éloigne de Dieu et compromet notre fraternité avec le prochain. Nous sommes donc appelés à racheter notre frère ou notre sœur qui s’égare sans nécessairement s’en rendre compte. Alors, acceptons souvent d’entreprendre avec le prochain une ‘’relation de gagnant-gagnant’’. Qui sommes-nous pour juger les autres ? Dire la vérité aux autres est très facile. Mais, vivre la vérité paraît plus exigeant. Il faut donc éviter à tout prix tout ce qui compromet la communion fraternelle. Si nous identifions le péché veillons à sauver le pécheur : jetons l’eau sale du bain et gardons notre bébé. Faisons tout pour gagner notre prochain de la perdition en conservant sa dignité et son amour propre. Jésus nous dit qu’à deux ou à trois, on voit plus clair. La communauté de foi peut soutenir par la prière et l’attention. Car, Jésus est toujours présent parmi nous dans l’Eucharistie qui nous rassemble. Saint Augustin nous convie vraiment à l’essentiel :

Aime et fais ce que tu veux. Si tu te tais, tais-toi par Amour,
Si tu parles, parle par Amour, si tu corriges, corrige par Amour,
Si tu pardonnes, pardonne par Amour.
Aie au fond du cœur la Racine de l’Amour :
De cette racine, rien de mauvais ne peut sortir.”

Alors “aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur’’.

Amen !!!

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