Homélie du Père Augustin – Dimanche 28 juin

TREIZIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Première lecture : 2 Rois, 4, 8-11, 14-16a
Psaume : 88
Deuxième lecture : Romains 6, 3-4.8-11
Evangile : 10, 37-42

 

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Chers filles et fils bénis de Dieu,

Les textes bibliques de ce 13eme dimanche du Temps Ordinaire nous adressent des paroles fortes sur l’accueil et l’hospitalité. Ces paroles nous mettent face à l’enjeu de toute vie chrétienne : savoir aimer et voir Dieu en tout être humain. C’est vraiment une invitation à aimer sans calcul avec Christ au centre de toutes nos motivations.

Dans la première lecture, le prophète Élisée est accueilli par une femme riche de Suname. Cette femme se montre très généreuse envers le Prophète et l’homme de Dieu. Elle n’a pas de fils et son mari est âgé. Mais elle porte cette souffrance secrètement en elle.  Avec beaucoup de délicatesse, Élisée lui promet un fils qu’elle n’espérait plus.

En écoutant ce texte de la Parole de Dieu, nous comprenons qu’accueillir l’autre c’est avoir du temps pour lui, écouter ses confidences, partager mutuellement ses joies et ses peines. C’est lui donner un toit ou un repas. C’est pleurer avec lui et accepter de faire chemin. C’est poser sur lui un regard vraiment sincère et humain avec la seule intention d’aimer. C’est voir l’autre au travers du Christ, lumière du monde. Ce qui est important ce n’est pas d’abord ce que nous donnons ; cest plutôt notre être, notre attitude envers lui, cest la qualité de l’accueil. C’est voir Dieu en l’autre. Dans toute rencontre avec l’autre, c’est Dieu que nous accueillons ou que nous refusons d’accueillir. Rappelons-nous que c’est à la qualité de notre amour et de notre accueil que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

L’Évangile de ce dimanche nous parle aussi de l’accueil. Mais il précise avec beaucoup de force que notre amour pour Jésus doit passer avant tous les liens de famille et d’amitié ou d’attachement : ‘’Celui qui aime son père, sa mère, ses frères, ses sœurs et ses enfants plus que moi n’est pas digne de moi’’. Nous sommes appelés à un détachement raisonnable et à une ouverture plus grande envers l’autre. Jésus adressait ces paroles à ses Apôtres. Aujourd’hui, elles nous concernent. Jésus est plus qu’un maître de philosophie ou un gourou de spiritualité. Il nous dit et nous y croyons qu’Il est le Fils de Dieu, le Chemin la Vérité et la Vie. Il n’a écrit aucun livre de religion : sa religion était celle de Dieu : l’Amour.

A la suite du Christ, nous sommes tous appelés à être ‘’disciples et missionnaires’’, marchant à sa suite. Le missionnaire va annoncer Celui en qui il croit : Jésus ; et ce en quoi il croit : l’Amour de Dieu. Cette annonce peut se faire de plusieurs manières : c’est par notre attitude quotidienne envers l’inconnu(e), l’immigré(e) dans la rue ou dans les centres de détention, promouvoir dans nos foyers le sens de l’hospitalité envers les migrants et les sans-abris, prendre parti pour plus de justice, d’équité, de solidarité et de paix dans notre société. On nous opposera l’indifférence, l’hostilité, les railleries et toutes formes de persécutions et d’exclusion. Et pourtant, il faut persévérer comme Jésus qui est allé jusqu’au bout de sa mission, jusqu’à la mort sur une croix pour notre salut.

L’essence de l’Eglise, c’est d’être le Corps du Christ et non des bâtiments ou de simples associations. Nous sommes une famille de filles et fils de Dieu créés à son image et à sa ressemblance.  Témoigner de sa foi, c’est la meilleure forme de catéchèse dont notre monde a faim et soif aujourd’hui. Nous sommes tous nécessaire pour le bonheur de chacun et de tous. La vraie doctrine et le vrai dogme, c’est l’Amour. Ainsi, notre baptême en Christ prend son vrai sens : mourir en Christ et renaître de nouveau, rompre radicalement avec l’ancien monde. Car être baptisé en Christ, c’est accepter de se baigner définitivement dans l’océan d’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Par notre baptême, nous avons mission de rendre l’inconnu heureux malgré nos propres difficultés. Comme la femme de Suname, cherchons plus d’opportunités pour aimer. Ainsi, pourrons-nous aussi ‘’accoucher’’ dans nos vieux jours. Accueillir le Christ, le préférer à tout, être habité par lui, voilà ce qui nous est proposé au début de ces vacances d’été. Nous pourrons reconnaître Jésus à travers les personnes que nous rencontrerons partout, l’inconnu, le migrant, le solitaire, l’abandonné, la veuve ou le veuf, l’orphelin… Puissions-nous voir en eux le Dieu vivant qui nous aime tous. Que Dieu nous bénisse ! Amen !

 

 

 

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