Homélie du Père Augustin du dimanche 29 mars 2020

CINQUIEME DIMANCHE DE CAREME ANNEE A

Première lecture : Ezéchiel : 37, 12-14

Psaume : 129

Deuxième Lecture : Romains : 8, 8-1

Evangile du jour : Jean 11 : 1-45

Chers frères et sœurs en Christ,

La première lecture et l’Evangile s’accordent bien sur le thème de la mort et de la résurrection. Ezéchiel, dans la première lecture, nous révèle la bonté infinie de Dieu envers son peuple Israël désobéissant et en exile. Israël est comme mort, humilié, dépourvu de ses droits élémentaires et à la merci du nouveau maître. Mais Dieu veut redonner vie aux ossements asséchée du peuple d’Israël. Il veut ouvrir leur tombeau, les libérer de la honte et de la servitude, leur redonner son esprit de vie et le goût à une nouvelle vie.

L’Evangile nous offre des personnages d’une foi incroyable : Marthe et Marie sont les deux sœurs de Lazard et tous trois sont amis de Jésus. Lazard est malade et ses deux sœurs en informent Jésus. Pour ce dernier, cette maladie ne conduira pas à la mort : pas donc de panique ni d’affolement. Mais finalement Marthe et Marie (et certainement leur entourage), déclarent Lazard mort. Marthe regrette le retard de Jésus et lui dit : ‘’si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort’’. Jésus, touché et ému va ramener Lazard à la vie. Dans la personnalité de Marthe, nous voyons une femme avec une foi engagée, tenace et qui bouscule, une foi pleine d’Esperance et de curiosité. Entre eux se tisse une complicité affective. Marthe est spontanée et directe mais très ouverte à son ami Jésus. Les deux situations de la première lecture et celle de la mort de de la résurrection de Lazard, nous aident à apprécier la bonté et l’amour prévenant de Dieu. Israël avait abandonné son Dieu libérateur pour des idoles. Après avoir goûté aux fruits amers de leurs propres actes, ils se disposent au salut de Dieu. La complicité affective entre les trois et leur ami Jésus est grande. Visiblement cette amitié porte du fruit : Jésus ne peut retenir ses larmes et il ramène Lazard à la vie. Quelle amitié ! Pourrions-nous, nous aussi, rejoindre Lazard et ses deux sœurs pour devenir amis de Jésus ici et maintenant ? Ainsi, nous pourrons comme eux, offrir à Jésus et à Dieu nos ossements, nos maladies, nos déceptions, notre honte et les humiliations de l’humanité et « tout ce qui nous tue » ? Alors, Jésus nous redonnera vie. Pourrions devenir amis de Jésus à la manière de Marie ou Marthe ou de Lazard ? Pourrions-nous devenir aussi spontanés comme Marthe tout en étant ouverts à la grâce du salut et de la guérison intérieure ? Notre humanité bien acculée, confinée et mise en quarantaine a plus que jamais besoin de croyants comme Marie, Marthe, Lazard pour toucher le cœur de Jésus et attirer le regard attentionné et miséricordieux de Dieu sur nous. Les nouvelles de ces jours-ci, vraies ou fausses, ne doivent donc pas avoir raison de notre foi ni de notre confiance en Dieu. Comme Marthe, osons parler à Jésus cœur à cœur, face à face et directement sans procuration. Car les vrais amis acceptent souvent de se bousculer. Tant que nous laisserons les réalités extérieures nous abattre, nous ressemblerons à Israël et à ses aux ossements asséchés et sans vie.

Paul, dans la deuxième lecture nous rassure que l’Esprit de Dieu habite en nous. Il donnera vie à nos corps mortels (déjà épuisés et essoufflés par la peur, la panique et la psychose). Chacun de nous est le Temple de Dieu : Dieu est déjà chez Lui, chez nous. Il a fait de notre cœur sa demeure. Mais nous l’avons étouffé. L’Esprit-Saint nous fait découvrir Dieu en nous et nous met en communion avec lui. Il ravive notre relation avec le prochain. Il nous enseigne la Maîtrise de soi, la confiance e le détachement de l’accessoire. Il nous aide à appeler Dieu, Abba, Père (Papa). Comme l’indique le Psaume 129, 7 : ‘’Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat’’. Celui qui vit de Dieu ne peut connaître la corruption de l’âme fût-il mort dans sa chair. L’humanité revivra si chacun de nous accepte d’entreprendre le chemin de l’intériorité et d’y rencontrer Dieu. C’est vraiment là le début de la vraie conversion. Convertissons-nous et nous serons libérés. Dieu nous y attend.

Bonne Marche, bonne Montée vers la Pâques de Jésus, notre Seigneur.

Que Dieu nous bénisse.  Amen !

Aside | This entry was posted in Non classé. Bookmark the permalink.